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BERNADETTE MERCIER CHANTEUSE LYRIQUE, PROFESSEUR DE CHANT ET DE YOGA À VERSAILLES (78)


Portrait de Bernadette Mercier Soprano
Bernadette Mercier

LE SOUFFLE :

est le lien fort qui relie les deux grands parcours de ma vie, à savoir le chant lyrique dont j’ai fait mon métier et que j’enseigne depuis 22 ans, et le Yoga que je pratique vraiment depuis 9 ans de façon plus intensive, même si j’y avais fait quelques incursions auparavant.

L’exploration corporelle fait intimement partie du parcours d’un chanteur et j’ai, dès le début de mes études, à 16 ans, cherché toute seule à comprendre cette subtile mécanique du souffle lié au travail vocal.

Ma première professeure de chant ne m’a donné que des rudiments bien pauvres voire même inexacts concernant ce qu’elle appelait la « soufflerie », (du type « gonflez le ventre » !!...) mais ma voix naturelle, un certain don, la jeunesse des muscles et l’enthousiasme m’ont malgré tout permis d’entrer à 20 ans à l’école d’art lyrique de l’Opéra de Paris.

Et là J’ai réalisé que j’avais tout à apprendre !!!


UNE CARRIÈRE DE SOLISTE :

Peu à peu, plusieurs professeurs m’ont accompagnée et permis d’entamer une carrière de soliste que je démarre en 1987, avec de nombreux rôles sur les scènes d’Opéra mais aussi du récital de mélodies et Lieder avec piano et de la musique sacrée.


Bernadette Mercier, Soprano en costume d'époque dans le rôle de Lucia  "The rape of Lucretia" de Benjamin Britten à l’Opéra d’Angers
Bernadette dans le rôle de Lucia "The rape of Lucretia" de Benjamin Britten à l’Opéra d’Angers

Bernadette Mercier,  Soprano dans le rôle de la Reine de la Nuit, en costume d'époque, dans la Flûte Enchantée de Mozart, à l’opéra d’Angers
Bernadette dans le rôle de la Reine de la Nuit dans la Flûte Enchantée de Mozart, à l’Opéra d’Angers

L'ENSEIGNEMENT DU CHANT :

À la ménopause, j’ai choisi de continuer à donner des concerts mais j’ai arrêté la scène lyrique pour me consacrer plus pleinement à l’enseignement du chant et ne plus avoir à voyager. J’ai pu enfin me remettre au yoga et prendre le temps de revisiter mon corps et ma technique. Ma rencontre avec l’enseignement de BKS Iyengar avec Maria CLAVIJO et Anne-Marie Van HOLDER auxquelles je dois beaucoup puis l’enseignement de Serge GASTINEAU et Catherine BELLIÈRES a renforcé ma connaissance du corps et m’a permis d’y ajouter de magnifiques subtilités.


Bernadette Mercier dans Sarvangasana la posture de la chandelle
Sarvangasana, bras sanglé et support sous les épaules

Ayant souffert d’une opération de la salpingite à l’âge de 23 ans, j’ai toujours eu la sensation qu’il me manquait une dimension d’ouverture à la base de ma colonne vertébrale. Il ne s’agissait pas d’un manque de technique mais d’une cause plus profonde liée à mon histoire corporelle.


SARVANGASANA

C’est grâce à Sarvangasana avec support que j’ai la première fois ressenti la connexion au sacrum beaucoup plus profondément, comme si une trappe magique et pourtant bien réelle s’ouvrait enfin en moi, ce fut très bouleversant. Le lien occiput sacrum s’est intensifié et j’ai ressenti une immense liberté dans ma colonne vertébrale, trouvant ensuite un meilleur axe en Tadasana et un souffle encore plus puissant.


LES QUADRICEPS :

Le deuxième élément qui m’a ouvert de nouveaux espaces de conscience, est le travail des quadriceps. Avant d’aborder le Yoga, je pensais avoir des jambes musclées ! Mais le travail d’étirement et d’engagement des quadriceps m’a fait atteindre un niveau musculaire que je n’aurais jamais soupçonné, et m’a permis d’aller aussi beaucoup plus loin dans la stabilité et l’ouverture du bassin ; ma connexion au diaphragme s’est intensifiée, je dirais que j’ai encore gagné en subtilité et en élasticité de tout le corps, ce qui est d’autant plus primordial en ce temps de bouleversement hormonal de la ménopause.


LE SOUFFLE :

Concernant le souffle, je vois beaucoup d’élèves apprentis chanteurs ou même professionnels, qui sont en permanence en surpression, c’est-à-dire qu’ils inspirent de façon trop intentionnelle, avec cette éternelle peur de manquer d’air. On retrouve cette peur dans les phases de Kumbhaka poumons vides. Mais l’air existe déjà dans nos poumons, inutile d’en rajouter. Cette surpression a pour conséquence une voix émise avec dureté. L’air (le Prana) est en nous, autour de nous. Une fois l’axe du corps bien établi avec l’antéversion du bassin, les épines iliaques antéro-supérieures à l’aplomb du pubis, les cervicales allongées, sans jamais forcer, la ceinture scapulaire dégagée sans chercher à monter de force la cage thoracique, on peut commencer à laisser circuler le souffle doucement absorbé par les narines légèrement dilatées. Le plus difficile est d’apaiser le mental et donc les zones du corps qui auront tendance à se crisper, dès que l’on s’apprête à chanter. Ne pas vouloir le résultat avant le chemin ! Le Yoga m’a permis d’aller beaucoup plus loin dans le retrait de la face antérieure du corps, et de ressentir à quel point on peut mettre encore plus de douceur dans l’espace du ventre entre nombril et sternum.

Cela apporte tranquillité et apaisement du mental.

Je me suis toujours battue pour que mes élèves ne projettent pas leurs côtes en avant ni ne les surélèvent avec excès. C’est vraiment l’ancrage des pieds, l’extension des hanches et peu a peu l’allongement élastique de la face antérieure du corps qui, par conséquence, créent l’élévation de la cage thoracique et la libération du diaphragme.

On a vite fait de vouloir prendre l’air alors que la douce dilatation des narines va l’absorber et ouvrir l’espace du voile du palais, comme si on était à la limite de bailler. Ensuite au démarrage de la phrase vocale, l’expiration va être plus importante que l’inspiration, elle va engager transverse et obliques qui vont se raffermir en convergeant souplement vers le nombril puis, en synergie, les côtes vont mener la danse en quelque sorte, pour permettre à l’air devenu phrase vocale, de se diffuser régulièrement dans une sorte de rétention douce et ferme. Le chanteur de haut niveau est en permanence dans une écoute fine de son corps. Chaque jour est différent, il faut savoir gérer le corps et l’émotionnel qui sont intimement liés ; le trac va s’accentuer si l’on ne maîtrise pas des paramètres essentiels de connaissance purement mécanique.

Tout comme en Yoga, on ne saura jamais tendre vers le subtil si le "corps grossier" n’est pas travaillé dans la justesse physiologique.

Après 45 ans de chant, je continue à ouvrir de nouveaux « tiroirs » de subtilité et c’est merveilleux ; je remercie Cath et Serge pour leur accompagnement sur ce chemin. J’ai commencé à suivre leur enseignement (qui m’avait déjà été transmis par Maria BOUDON) en faisant les modules de leur Masterclass de yoga avec Dominique Martin et j’ai continué avec leur formation de Yoga en ligne.



Chez Serge et Cath, J’apprécie particulièrement l’attention qu’ils portent au lien périnée /diaphragme /voile du palais et donc à la place vocale. C’est très rare chez les professeurs de Yoga.

En plus de mes élèves chanteurs lyriques, étudiants, amateurs et professionnels, de nombreux élèves yogi viennent explorer leur voix avec moi. Je me suis formée comme professeure de Hatha Yoga, et je propose des ateliers autour de la voix pour mes élèves yogis.


Bernadette MERCIER

chanteuse lyrique, professeure de chant et de yoga. Bmercier2@free.fr 06 82 22 43 86

J’ai commencé la musique à l’âge de 10 ans au conservatoire de Rennes, où j’obtiens mes prix de solfège, violoncelle et chant. En 1982, j’entre à l’école d’Art Lyrique de l’Opéra de Paris . Puis je démarre ma carrière de soliste en 1987 avec de nombreux rôles sur les scènes d’Opéra mais aussi du récital de mélodies et Lieder avec piano et de la musique sacrée.

Désormais je me consacre à l’enseignement du chant et du Yoga et je continue à donner quelques concerts.

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