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MAL DE DOS DEBOUT : POURQUOI VOTRE "CAMBRURE" EST VOTRE MEILLEURE ALLIÉE

Dernière mise à jour : il y a 22 heures

RETROUVER SA CAMBRURE NATURELLE : UNE INVITATION À L'ÉQUILIBRE, LOIN DES EXTRÊMES...


Quand l'insuffisance de lordose (cambrure) : quand le « dos plat » brise votre équilibre et votre cambrure naturelle.

Pour comprendre la dynamique réelle de notre dos, nous vous proposons de délaisser la vision mécaniste classique du squelette perçu comme un simple empilement d’os. En Yogathérapie Posturale, nous percevons plutôt le corps comme une structure de biotenségrité.

Imaginez un voilier : le mât (votre colonne vertébrale) ne tient debout et ne résiste aux vents que grâce à la tension harmonieuse et répartie de ses haubans (votre système de fascias et vos chaînes musculaires). Voir notre article sur notre approche de Yogathérapie et de Bilan Postural Yoga pour ceux qui veulent aller plus loin.

Si un câble est trop lâche ou trop tendu, c'est toute la structure qui se fragilise.

Métaphore de la biotenségrité : mât de voilier et haubans pour comprendre le mal de dos debout
Tout comme ce mât ne tient que par la tension équilibrée de ses haubans, votre colonne vertébrale dépend de la santé de vos fascias. Retrouver l'aplomb, c'est restaurer cette biotenségrité pour ne plus subir le mal de dos debout. Photo Pixabay

QUAND L'INSUFFISANCE DE LORDOSE AGGRAVE VOTRE MAL DE DOS DEBOUT


Comme l'observe Dominique Martin, notre quotidien sédentaire — caractérisé par la station assise prolongée — nous mène inévitablement vers une insuffisance de lordose.


Le "dos plat" : un piège pour votre cambrure naturelle


Le bassin bascule en arrière (rétroversion), le bas du dos s’efface et les "câbles" de notre biotenségrité se relâchent. Privée de sa cambrure physiologique, la colonne perd son "ressort" naturel et sa capacité à dissiper les forces de compression. Le poids du buste ne "flotte" plus sur le bassin ; il s'y écrase. Lorsque vous perdez vos courbes, vous ressentez cette fameuse 'barre' dans le bas du dos ; c'est votre corps qui est devenu une colonne de pierre incapable d'amortir la gravité.

Comparaison entre une colonne rigide (dos plat) et un ressort (lordose naturelle) pour expliquer le mal de dos debout
Une colonne grecque est un chef-d'œuvre de stabilité statique, mais elle est incapable de gérer le mouvement ou la gravité dynamique. Lorsque vous effacez vos courbes naturelles (insuffisance de lordose), votre dos devient comme cette colonne de pierre : rigide et vulnérable aux chocs. À l'inverse, une lordose physiologique agit comme un ressort hélicoïdal. Elle dissipe les pressions, les chocs sont absorbés par les hanches et permet à votre structure de "flotter" sur vos appuis, éliminant ainsi la sensation de barre caractéristique du mal de dos debout. Illustrations Pixabay


LA JUSTESSE SELON SERGE GASTINEAU : ÉVITER L'HYPER-ANTÉVERSION


Cependant, l’idée n’est pas de basculer dans une compensation inverse. Pour Serge Gastineau, tout est une question de curseur et de conscience des appuis.

Si l’affaissement nous fragilise, une hyper-antéversion forcée est tout aussi délétère. Il s'agit d'une erreur de stratégie motrice où l'on tente de "se redresser par le dos" en créant une projection de la cage thoracique vers l'avant. Ce mouvement, effectué sans conscience de l'ancrage, crée une rupture de l'axe et vient pincer la charnière dorso-lombaire (zone T12-L1). Au lieu de libérer le dos, cette force de cisaillement génère des tensions musculaires de défense et une usure prématurée des facettes articulaires. Pour mieux comprendre ce placement, consultez notre guide sur le Placement du bassin et des lombaires en Yoga et Yogathérapie.


L'invitation à l'équilibre :

Retrouver sa cambrure naturelle, ce n'est donc pas "faire un effort pour être droit", mais restaurer la tension juste dans notre réseau de fascias et de chaînes musculaires pour que la verticalité devienne un état de repos et non une lutte contre la gravité.


Zoom technique : Ne pas confondre "se redresser" et "être redressé"


Il est capital de distinguer l’antéversion physiologique de ce que nous qualifions d'hyper-antéversion. Pour Serge Gastineau, l’hyper-antéversion n'est pas un excès de cambrure naturelle, mais une erreur de stratégie motrice : c'est la tentative volontaire de "fabriquer" une verticalité par le recrutement des muscles superficiels du dos.

  • La fausse piste (La projection) : 

    Souvent induite par l'injonction sociale « Tiens-toi droit ! », cette posture crée une angulation artificielle à la jonction dorso-lombaire (T12-L1). En projetant la cage thoracique vers l'avant, on brise l'alignement avec l'axe de gravité. Les muscles spinaux superficiels entrent alors en état de tension défensive (isométrie forcée) pour compenser ce déséquilibre, ce qui verrouille la structure et épuise le système.


  • La voie de l’aplomb (L’élévation) : 

    À l’opposé, l’antéversion naturelle ne se "fait" pas avec le dos ; elle est le résultat d'une synergie ascendante. Elle émane de la tonicité des membres inférieurs et du réveil des muscles profonds du rachis (les multifides). Ici, la cage thoracique n'est pas projetée dans l'espace avant, elle est élevée verticalement. Cette nuance est fondamentale : l'élévation décomprime, là où la projection cisaille. Cette recherche de verticalité est au cœur de notre réflexion sur Qu'est-ce que l'aplomb ?.


Il y a une différence fondamentale entre se redresser et être redressé. À gauche ou en haut, la projection de la poitrine vers l'avant crée une brisure à la charnière dorso-lombaire : c'est une fausse verticalité qui écrase les vertèbres. Au centre, la rétro-version du bassin dans une position avachie courante. À droite ou en bas, l'approche de Serge Gastineau montre une cage thoracique qui s'élève verticalement, portée par les muscles profonds et l'ancrage des jambes. La colonne s'étire sans effort, supprimant la cause mécanique du mal de dos debout. Infographie Cath Bellières

L’expérience que nous vous proposons :


Prenez un instant pour percevoir la signature sensorielle de votre posture :


  • L’hyper-antéversion : 

    Vous ressentez une tension au milieu du dos, une respiration qui reste bloquée dans la partie haute du thorax et un effort constant, presque épuisant, pour maintenir votre stature. C'est le corps qui "tient" par la force. Vous avez une tension en bas des omoplates, vous avez une voix de gorge.


  • L’antéversion naturelle : 

    Porté par la puissance des jambes et l'ancrage calcanéen (les talons), le redressement devient un processus fluide. La cage thoracique s'élève sans avancer, libérant instantanément le caisson abdominal et le diaphragme. La respiration devient tridimensionnelle. Vous rétablissez le lien cervico-dorsal, le lien entre le périnée et le diaphragme thoracique, la voix est portée par le périnée.


Le langage des tissus :

Plutôt que d'imposer un mouvement de "cambrure" ou de "décambrure" par la volonté, apprenez à écouter vos tissus. Lorsque la courbe physiologique s'efface (dos plat), le réseau des fascias se densifie, perd son élasticité et se fige pour stabiliser l'édifice tant bien que mal. Cette sensation de "barre" ou de saturation dans les lombaires est le signal d'alarme d'un système de tension saturé.

Nous vous invitons à explorer cette zone de neutralité fonctionnelle où la cambrure n'est ni effacée par une rétroversion protectrice, ni forcée par une volonté de paraître droit, mais simplement habitée. Ce retour à l'ordre biomécanique permet aux chaînes musculaires et fasciales de retrouver leur fonction de soutien élastique, rendant à votre colonne sa légèreté et sa dynamique originelles.


LE PIÈGE DE LA RÉTROVERSION : QUAND LA PROTECTION DEVIENT UNE CONTRAINTE


Dans notre quête de confort et de sécurité, nous avons souvent intégré l'idée reçue selon laquelle, pour protéger nos lombaires, il faudrait « effacer » le creux du dos par un basculement du bassin vers l'arrière.

C’est le dogme de la rétroversion.

Pourtant, la vision révolutionnaire de Françoise Mézières nous invite à une analyse inverse. Pour elle, le corps n'est pas une juxtaposition de muscles isolés, mais un ensemble de chaînes musculaires interdépendantes, hyper-toniques et souvent trop puissantes. Une vérité anatomique s'impose : les courbes du rachis ne s'effacent jamais, elles se déplacent. Chercher à gommer la lordose lombaire ne fait que reporter la tension ailleurs, souvent avec une violence accrue pour la structure.


Pourquoi la rétroversion nous épuise-t-elle ?


Lorsque nous forçons la rétroversion pour « décamber », nous agissons comme si nous voulions raccourcir un élastique déjà trop tendu. En verrouillant ainsi le bassin, une réaction en chaîne délétère s'opère :


  • Le tassement de l'édifice (Effet de compression) : 

    Au lieu de laisser la colonne s'ériger, la rétroversion provoque un affaissement structurel. La biomécanique vertébrale est formelle : un dos arrondi déplace le noyau du disque intervertébral vers l'arrière et peut multiplier la pression discale par plus de dix. Ce tassement est le lit des discopathies, hernies et de l'usure prématurée.


  • Le blocage du caisson abdominal (Impact respiratoire) : 

    Comme le soulignent les travaux de Dominique Martin, un bassin verrouillé en arrière fige la sangle abdominale et sature la pression intra-abdominale. Le diaphragme, privé de sa course naturelle, ne peut plus descendre : la respiration devient haute, claviculaire et nerveusement épuisante. Pour explorer ce lien entre souffle et posture, lisez notre article De la respiration vers le Pranayama.


  • Les tensions collatérales (Réactions à distance) : 

    Le corps est une unité fonctionnelle. Si vous bloquez la base, le haut (ceinture scapulaire, cou, tête) compense pour maintenir l'horizontalité du regard. Ce combat permanent génère des tensions cervicales chroniques, des névralgies cervico-brachiales et un stress systémique des tissus mous.


L'invitation à l'observation : Libérer l'élastique


Nous vous proposons d'expérimenter cette nuance : la cambrure n'est pas une erreur de la nature que l'on doit combattre par la force musculaire. Au contraire, en acceptant de relâcher cette volonté de « tenir » le bassin déversé en arrière, vous permettez aux chaînes de Mézières de retrouver leur longueur fonctionnelle.

C'est ici que l'approche de Serge Gastineau prend tout son sens : restaurer une antéversion naturelle, c'est offrir au corps la possibilité de ne plus lutter contre sa propre anatomie. C'est passer d'une posture tenue par la volonté (et donc fatigante) à une verticalité habitée, soutenue par l'intelligence souveraine de la structure osseuse et de ses poulies myo-fasciales.



L'AXE ET LE SECRET DU TALON : LA RÉVOLUTION DE L'APLOMB AVEC NOËLLE PEREZ


Après avoir identifié que ni la rétroversion (verrouillage défensif), ni l'hyper-antéversion (compensation par la charnière dorso-lombaire) ne constituent des solutions physiologiques, une question demeure : comment restaurer cette verticalité sans effort structurel ?


La réponse nous vient des recherches de Noëlle Perez-Christiaens.

En observant les populations dont la culture gestuelle ignore le mal de dos, elle a mis en lumière un principe universel que B.K.S. Iyengar nommait "l’Axe".


En Hongrie, la sagesse populaire illustre parfaitement cette stabilité par l'expression : "A sarkán áll", qui signifie littéralement "Il se tient sur ses talons". Cette formule désigne une personne solide, droite et inébranlable. Elle rejoint une réalité biomécanique absolue : l'équilibre véritable ne se construit pas par une volonté musculaire haute, mais s'enracine par une décharge osseuse basse.

Le secret est dans les talons : l'ancrage osseux


Pour que le bassin retrouve son antéversion physiologique sans que la chaîne musculaire du dos n'entre en contraction isométrique épuisante, le secret réside dans la répartition des vecteurs de pression sur le pied.


  • Le constat clinique : 

    La majorité d'entre nous déplace son centre de gravité sur l'avant du pied (les métatarses). Cette antériorisation projette la ligne de charge en avant de l'axe gravitaire, ce qui force les muscles superficiels du dos à se contracter en permanence pour empêcher la chute du tronc.


  • La clé de l’aplomb : 

    Lorsque le poids du corps est déposé précisément sur l'ossature du talon (le calcanéum), une réaction proprioceptive immédiate se produit. Par un réflexe de redressement naturel, le bassin bascule vers l'avant de façon spontanée, porté par l'alignement vertical des segments osseux des jambes. C'est un principe fondamental que nous détaillons dans Le pied : trois arches, la question des 3 points d'appui.


Schéma anatomique du pied montrant l'appui sur le calcanéum pour corriger le mal de dos debout
L'équilibre n'est pas une question de volonté, mais de géométrie. Ce schéma illustre l'enseignement de Noëlle Perez : lorsque votre poids repose précisément sur l'os du talon (le calcanéum), la ligne de gravité s'aligne avec l'ossature de vos jambes. Si le poids bascule vers l'avant (métatarses), votre corps "tombe" dans le vide et vos muscles dorsaux s'épuisent à le retenir. En retrouvant cet appui calcanéen, vous activez un réflexe de redressement qui libère instantanément les tensions liées au mal de dos debout. Infographie Cath Bellières

L’expérience que nous vous proposons :

  • Le placement : 

    Debout, les pieds espacés de la largeur des hanches, veillez à ce que les bords externes soient rigoureusement parallèles.

  • Le transfert de charge : 

    Sans chercher à modifier volontairement la forme de votre dos, laissez le poids de votre corps migrer lentement vers l’arrière (sans toutefois reculer la ligne des épaules).


  • L'ancrage : 

    Sentez vos talons s’enfoncer dans le sol comme des piliers. À cet instant, il est impératif d'accepter la rotation interne des fémurs et la légère flexion des plis des aines (flexion coxo-fémorale) induite par ce placement. C'est cette organisation qui permet d'éviter des pathologies communes, comme l'Hallux Valgus, en restaurant une ligne de charge physiologique.


Observez alors la transformation systémique :


  • Votre bassin :

    semble "se poser" et s'emboîter de lui-même sur les têtes fémorales.

  • Vos muscles lombaires :

    libérés de leur fonction de haubans, retrouvent leur souplesse.

  • Votre cage thoracique :

    subit une élévation spontanée (et non une projection), créant une décompression immédiate du diaphragme et libérant l'amplitude du souffle.


C’est là l’essence de l’enseignement de l’aplomb : ce n’est pas une posture que l’on édifie par la force, mais une réorganisation globale de la biotenségrité qui part du sol pour libérer le sommet du crâne.


Note d'expertise : 

Ce retour à l'ordre naturel est simple dans son principe, mais complexe dans sa mise en œuvre pour un corps marqué par des années de compensations. Il sera souvent nécessaire de passer par des exercices préparatoires de Yogathérapie pour lever les barrages articulaires et retrouver cette aisance de façon durable.


LA YOGATHÉRAPIE POSTURALE :

VERS UNE ÉCOLOGIE DU GESTE ET DU VIVANT


Pour Cath et Serge, la Yogathérapie dépasse largement le cadre d'un protocole visant à « soigner » une pathologie de manière isolée ou symptomatique. Elle s'inscrit dans une démarche globale : proposer une véritable écologie du geste.

Comprendre et intégrer l’aplomb, c’est s’offrir la liberté de vivre sans la contrainte permanente et épuisante de la douleur chronique.

Comme le souligne souvent Serge, le Yoga est un outil d'une puissance merveilleuse, mais il peut s'avérer délétère, voire traumatisant pour la structure, s'il est pratiqué sans une connaissance rigoureuse des lois de la biomécanique et de la biotenségrité. Sans cet éclairage, la posture devient une forme vide ou une contrainte supplémentaire imposée au corps.


Restaurer l'intelligence de la structure


La Yogathérapie, telle que nous l'enseignons, a pour mission de restaurer l'intelligence intrinsèque de la structure. Il ne s'agit pas d'ajouter une force de volonté, mais de supprimer les barrages qui empêchent le corps de s'organiser naturellement.

En retrouvant votre Axe, vous ne libérez pas seulement vos segments vertébraux des pressions de compression ou de cisaillement :

  • Libération du Prana : 

    Vous permettez à votre énergie vitale de circuler sans entrave, le souffle trouvant enfin un espace tridimensionnel pour s'exprimer.

  • Habiter son corps : 

    Vous passez d'un corps « subi » ou « contrôlé » à une présence habitée, où chaque mouvement est soutenu par la solidité de l'ossature et la fluidité des fascias.



Retrouver l'aplomb, c'est en définitive cesser de lutter contre la gravité pour faire de cette force invisible votre alliée. C’est la voie d'un Yoga qui respecte la vie, l'anatomie et la dignité de chaque être.


Coupe anatomique du rachis en antéversion naturelle illustrant l'équilibre de l'Aplomb et la fin du mal de dos debout
Voici ce que nous cherchons à restaurer en Yogathérapie Posturale : une antéversion naturelle où chaque vertèbre retrouve son espace de liberté. Contrairement au dos plat ou à la cambrure forcée, cette organisation permet une répartition optimale des charges gravitaires. Le bassin devient le socle stable d'une colonne vivante, capable de s'élever sans tension. C'est cette "justesse" anatomique, héritée de l'enseignement de Noëlle Perez, qui fait disparaître durablement le mal de dos debout en rendant au corps sa légèreté originelle. Illustration Pixabay, ajouts infographiques Cath Bellières


MAL DE DOS DEBOUT ET KINÉSIOPHOBIE : DÉPASSER LA PEUR DU MOUVEMENT


Si vous souffrez de mal de dos debout, vous avez peut-être développé, sans le savoir, une kinésiophobie : la peur irrationnelle que le mouvement ou une certaine posture n'aggrave votre douleur. C'est un cercle vicieux bien connu en neurosciences : la douleur engendre la peur, qui pousse à l'évitement, entraînant un déconditionnement physique qui, in fine, augmente la chronicité de la douleur.


Sortir du modèle "peur-évitement"


Pour sortir de cette impasse, il faut passer d'une vision centrée sur la "lésion" à une approche cognitive. Le modèle de Vlaeyen et al. (2012) montre que c'est la perception de la menace par le cerveau qui bloque le corps.

Évaluer la peur pour mieux bouger : l’échelle de Tampa (TSK)


Dans notre approche de chercheurs en mouvement, nous ne nous arrêtons pas à la structure physique ; nous prenons en compte la dimension neurologique de votre appréhension. Pour vous aider à comprendre votre propre ressenti et adapter votre pratique, nous utilisons un indicateur pédagogique de référence : l’échelle de Tampa pour la kinésiophobie (TSK).


Initialement développée par Kori et al. (1990), cette grille d’auto-évaluation permet de mettre des mots (et un score) sur l'appréhension que vous pouvez ressentir face au mouvement. Elle explore deux leviers essentiels :


  • L'évitement d'activité : 

    la croyance que certains mouvements du quotidien ou postures de Yoga pourraient être dangereux pour votre dos.


  • La perception de vulnérabilité : 

    cette sensation que votre corps est "fragile", ce qui pousse votre système nerveux à maintenir une douleur protectrice.


En identifiant ensemble ce score, nous ne posons pas de diagnostic médical, mais nous créons une carte de votre confiance corporelle actuelle. Cela nous permet de vous proposer une exposition graduée : une réintroduction douce et sécurisée des postures d'aplomb. L'objectif est de prouver à votre cerveau que, dans l'axe et avec le bon tonus des jambes, le mouvement n'est plus une menace, mais une libération


Le Yoga comme reprogrammation neuronale

La Yogathérapie offre des outils uniques pour briser ce cycle :

  • Exposition graduée : 

    Nous réintroduisons le mouvement dans un environnement sécurisant, permettant au cerveau de constater que la verticalité n'est plus une menace.


  • Régulation via la restauration de la respiration physiologique vers le Pranayama : 

    La respiration calme l'hyper-vigilance du système nerveux. Pour approfondir, lisez notre article sur la Respiration et le Pranayama.


  • Auto-efficacité : 

    En réussissant des postures adaptées, vous restaurez la confiance en vos capacités physiques.


Comme l'ont démontré Sherman et al. (2011), le Yoga est une réponse clinique majeure au mal de dos chronique, car il éduque autant qu'il soigne.

NOTE SUR L'EXPERTISE : L'APPORT DE SERGE GASTINEAU

Si notre approche prend racine dans les travaux de Noëlle Perez-Christiaens, de Dominique Martin et l'enseignement de BKS Iyengar, Serge Gastineau y a apporté une dimension biomécanique moderne et cruciale pour le pratiquant d'aujourd'hui.


Là où Noëlle Perez a redécouvert l'importance de l'axe, Serge a structuré cette recherche autour de trois piliers fondamentaux:


  • L'intégration de la biotenségrité : 

    Serge a modélisé le corps non plus comme un empilement de poids, mais comme un réseau de tensions et de compressions équilibrées (système de haubans), rendant la pratique du Yoga plus sûre et plus légère.


  • La réhabilitation de l'antéversion naturelle : 

    Il a clarifié la distinction entre "se cambrer" et "laisser la cambrure physiologique se placer", mettant fin à la confusion entre hyper-lordose et antéversion juste.


  • La tonicité réflexe des jambes : 

    C'est l'apport majeur de son enseignement. Serge démontre que le redressement ne doit pas venir d'un effort volontaire du dos, mais de la restauration de la tonicité réflexe des jambes. En retrouvant l'usage des membres inférieurs comme moteurs de la verticalité, on libère le rachis de ses fonctions de soutien épuisantes pour soulager durablement le mal de dos debout.



L'IMAGE DE LA VERTICALITÉ SOUVERAINE


L'une des illustrations les plus parlantes de l'antéversion naturelle et de l'aplomb se trouve chez les peuples où le port de charges sur la tête est quotidien. Pour porter ainsi sans s'effondrer, le corps ne peut pas tricher : il doit s'aligner sur son axe gravitaire. (À condition que la pauvreté n'oblige pas ces personnes à porter des charges trop lourdes de plus de 30% du poids de leur corps)

  • L'alignement pur : 

    Le poids de la charge traverse directement le calcanéum, sans solliciter les muscles du dos comme "freins".


  • La dignité posturale : 

    Cette posture n'est pas "tenue" par la volonté, elle est "portée" par la structure osseuse et la tonicité réflexe.



Exemple d'aplomb et d'antéversion naturelle : port de charge sur la tête et alignement du calcanéum contre le mal de dos debout
Personnes portant une charge sur la tête avec un alignement parfait. Photo Pixabay


CONCLUSION : LA YOGATHÉRAPIE POSTURALE POUR TRANSFORMER VOTRE MAL DE DOS DEBOUT


Le mal de dos en position debout n'est pas une fatalité biologique, mais le résultat d'une rupture de communication entre votre cerveau et votre structure. C'est le signal d'alarme indiquant que votre corps a perdu ses repères naturels et que son réseau de biotenségrité est saturé.


En cessant de lutter contre votre cambrure physiologique — ce ressort fondamental de votre verticalité — et en restaurant l'appui osseux de vos talons, vous permettez à votre colonne vertébrale de redevenir ce qu'elle est par nature : un mât souple, vibrant et d'une légèreté souveraine. L'effort musculaire fait place à l'équilibre structurel.


Nous vous invitons à expérimenter, à devenir votre propre laboratoire.  La prochaine fois que vous vous sentirez "tassé" ou fatigué en position debout, rappelez-vous l'expression hongroise "A sarkán áll" : retrouvez l'ancrage de vos talons, laissez l'antéversion naturelle se placer et observez le silence s'installer dans votre dos.


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RÉFÉRENCES ET BIBLIOGRAPHIE :


La Yogathérapie Posturale ne repose pas sur des croyances, mais sur une synthèse rigoureuse entre tradition Yoga et sciences modernes du mouvement. Voici les sources majeures qui étayent notre approche du mal de dos debout et de la verticalité :

Biomécanique et anatomie clinique

  • Fishman L. M. & Saltonstall E. (2009) : 

    "Yoga and Osteoporosis". Une étude pilote fondamentale démontrant la nécessité d'ajuster les postures (flexions et torsions) pour protéger le rachis tout en renforçant la densité osseuse.

  • Perez-Christiaens Noëlle : 

    Ses recherches sur l'Aplomb et l'enseignement de B.K.S. Iyengar, mettant en lumière l'importance de l'axe vertical et de l'appui calcanéen (talon).

  • Martin Dominique (Ostéopathe) : 

    Pour ses travaux sur l'« illettrisme corporel » et l'effacement des courbes physiologiques (insuffisance de lordose) liés à notre mode de vie sédentaire.

  • Mézières Françoise : 

    Pour sa vision révolutionnaire des chaînes musculaires et le constat que « les courbes ne s'effacent jamais, elles se déplacent ».

  • Dolto Boris : 

    Notamment pour son approche sur «l'image inconsciente du corps», soulignant le lien indissociable entre l'état psychique et la tenue posturale (l'axe).


Neurosciences de la douleur et kinésiophobie


  • Vlaeyen J. W. et al. (2012) : 

    Travaux sur le modèle "peur-évitement" (fear-avoidance), expliquant comment la peur du mouvement (kinésiophobie) alimente la chronicité de la douleur lombaire.

  • Kori, S. H., et al. (1990) : 

    Étude séminale définissant la kinésiophobie et l'utilisation de l'échelle de Tampa (TSK) pour mesurer l'appréhension au mouvement.

  • Butler, D., & Moseley, L. (2013) : 

    "Explain Pain". L'ouvrage de référence pour comprendre comment le cerveau traite la menace et comment l'éducation thérapeutique permet de libérer le corps.


Études cliniques sur l'efficacité du Yoga


  • Sherman K. J. et al. (2011) :

    Étude publiée dans les Archives of Internal Medicine (et Spine) confirmant l'efficacité supérieure du Yoga sur le mal de dos chronique par rapport aux soins conventionnels, à condition d'une approche individualisée.

  • Wieland L. S. et al. (2017) :

    Revue Cochrane confirmant les bénéfices du Yoga pour les lombalgies non spécifiques, tout en insistant sur l'importance d'un alignement juste pour éviter les blessures.

  • Cramer H. et al. (2019) :

    Étude prospective sur les blessures liées au yoga, soulignant que les risques sont minimisés par une pratique adaptée et une formation solide des enseignants.

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