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MAL AUX ÉPAULES ? POURQUOI AUTANT D'ENSEIGNANTS DE YOGA EN SOUFFRENT ?

Dernière mise à jour : 10 janv.

LE PARADOXE DE L'ENSEIGNANT : QUAND LA PRATIQUE BLESSE


Il est frappant de constater que les enseignants de yoga, censés incarner le bien-être et l'équilibre, sont parmi les plus touchés par les pathologies de l'épaule. Ce paradoxe n'est pas une fatalité, mais le résultat d'une sollicitation excessive et, souvent, d'un manque de préparation biomécanique face à la répétition des mouvements.


LE CONSTAT SCIENTIFIQUE :

Une étude australienne parue en 2017 dans le Journal of Bodywork and Movement Therapies, ayant suivi 354 pratiquants pendant un an, a mis en lumière l'incidence réelle des blessures musculo-squelettiques causées par une pratique mal ajustée. Pour les enseignants, ce risque est décuplé par :


  • La fatigue cumulative : l'érosion silencieuse

    L'enseignement du yoga est une activité pouvant être physiquement exigeante. Le rythme soutenu, certains enseignants enchaînent plusieurs cours par jour, souvent sur des sites différents. Cela impose des déplacements qui grignotent le temps de repos. Cette fatigue ne se limite pas à une sensation de lassitude ; elle altère la capacité du corps à maintenir sa structure.

    Lorsque la fatigue s'installe, le tonus postural s'affaisse, les épaules s'affaissent ce qui comprime l'espace sous-acromial. L'articulation travaille alors "à découvert", sans le soutien des muscles profonds.

  • La perte de conscience : le passage en mode "mécanique", "pilotage automatique"...

    La fatigue a un effet pervers sur le système nerveux : elle nous pousse vers l'automatisme. Le mouvement, autrefois habité par le souffle et la présence, devient machinal.

    • Le danger du mode mécanique :

      Dans cet état, on ne sent plus les micro-signaux d'alerte. On répète des placements erronés, comme le blocage des coudes en recurvatum, par simple habitude ou pour "tenir" la posture sans effort musculaire.

    • L'inflammation par frottement :

      C'est ce manque de vigilance qui ouvre la porte aux pathologies de surcharge : tendinites de la coiffe des rotateurs et bursites. L'articulation n'est plus guidée, elle subit.

  • Le surentraînement : quand le "trop" fragilise le "mieux"

    Le yoga nous enseigne la modération, la justesse, et pourtant, l'enseignant tombe parfois dans le piège du surentraînement. Une pratique personnelle trop intense, couplée aux démonstrations en cours, empêche les tissus de se régénérer.

    • Fragilité de la ceinture scapulaire :

      Les tendons de l'épaule, comme le sus-épineux, sont peu vascularisés et mettent du temps à cicatriser après un effort. Sans récupération adéquate, les micro-lésions s'accumulent.

      Un corps surentraîné perd sa "biotenségrité". Les muscles ne jouent plus leur rôle d'amortisseurs, et ce sont les articulations qui absorbent les chocs, notamment lors des sauts répétés dans les pratiques dynamiques comme le Hatha Flow, l'Ashtanga ou le Vinyasa.


Bibliographie & Études Cliniques

  • Dr. Ronald Steiner :

    Médecin et expert en Ashtanga Yoga, ses travaux soulignent que la répétition de Chaturanga Dandasana sans un placement précis de l'omoplate est la cause n°1 de blessure chez les enseignants.

  • Dr.Ray Long :

    Chirurgien orthopédiste et fondateur de Bandha Yoga. Ses travaux sur l'activation des muscles antagonistes et la biomécanique des asanas apportent une preuve scientifique à la précision de l'alignement.

  • Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy :

    Plusieurs études confirment que la fatigue musculaire altère la cinématique de l'omoplate, augmentant instantanément le risque de conflit sous-acromial.


L’ÉPAULE, MIROIR DE NOTRE POSTURE GLOBALE :

L'ANALYSE SYSTÉMIQUE DE SERGE GASTINEAU


Pour Serge, traiter une douleur d'épaule en restant focalisé sur l'articulation scapulo-humérale revient à vouloir réparer une aiguille d'horloge sans regarder le mécanisme des engrenages. Dans nos bilans posturaux Yoga, nous mettons en évidence que l’épaule est le "fusible" d'un système de compensation beaucoup plus vaste.

La dépendance au socle : Le lien hanche-bassin-épaule


L'origine d'une tendinite de la coiffe des rotateurs peut se trouver... dans les pieds ou le bassin...

  • L'antéversion du bassin :

    Si le bassin perd sa capacité d'antéversion (l'aplomb), il se place en rétroversion. Ce mouvement bascule mécaniquement la cage thoracique vers l'arrière, ce qui oblige les épaules à s'enrouler vers l'avant pour maintenir le centre de gravité.

    Voir aussi notre article sur : l'aplomb et la confusion dans le placement du bassin.

  • La conséquence clinique :

    Ce décalage réduit l’espace sous-acromial. À chaque fois que le pratiquant lève le bras, le tendon vient frotter contre l’os. C’est le "conflit" mécanique que Serge s'attache à résoudre, non pas au niveau de l'épaule, mais en repositionnant le bassin.

La colonne vertébrale : le mât de la suspension scapulaire


L'omoplate ne tient à la cage thoracique que par des muscles. Nous aimons à rappeler que cette "articulation suspendue" dépend entièrement de la forme de la colonne dorsale.


  • L'excès de cyphose dorsale :

    Si le haut du dos est figé ou trop arrondi (cyphose), l'omoplate ne peut plus glisser correctement. Elle se bloque, forçant l'articulation de l'épaule à travailler dans des angles physiologiquement aberrants.

  • Le regard clinique :

    Lors de nos bilans posturaux Yoga, nous traquons ces zones de "silence sensoriel" dans le rachis. Pour nous, une épaule libre est avant tout une épaule qui repose sur une cage thoracique stable et un rachis mobile.


L'approche de la Yogathérapie : réaligner l'individu


Plutôt que de "cibler une pathologie", nous proposons de "réaligner un être". Cette nuance est capitale.

  • Une tension à l'épaule droite peut révéler une faiblesse dans la hanche gauche (chaînes croisées).

  • Une douleur persistante peut être le signe d'une respiration bloquée qui fige les premières côtes.


En explorant ces déséquilibres situés "bien plus bas", nous permettons au pratiquant de comprendre la cartographie réelle de sa douleur. Ce n'est plus l'épaule qui est fragile, c'est l'ensemble de la structure qui a perdu son aplomb.

Voir aussi cet article sur : le placement du bassin en Yoga.



Cath et Serge insistent sur un point crucial :

le corps occidental moderne, marqué par des heures d'immobilité assise (ordinateur, transports), n'est plus naturellement apte à aborder des enchaînements complexes sans une préparation spécifique parfois sur du long terme.


L'avis de l'expert : Serge considère que considérer la Salutation au Soleil (Suryanamaskar) comme un simple échauffement est une erreur technique majeure. C’est un enchaînement exigeant qui demande une préparation articulaire rigoureuse.



LE PIÈGE "DES COUDES BLOQUÉS" : UNE FAUSSE SÉCURITÉ AUX CONSÉQUENCES RÉELLES

Dans les postures de Yoga où les bras sont en charge (comme Adho Mukha Svanasana, le chien tête en bas ou Kumbhakasana, les planches), une erreur de placement revient de manière systématique, particulièrement chez les femmes : le blocage des coudes en recurvatum (hyper-extension).

L'illusion de la force par l'appui "os sur os"


Beaucoup de pratiquantes, mais aussi parfois des pratiquants, pensant manquer de force musculaire dans les triceps ou les dentelés, cherchent une stabilité mécanique. En "verrouillant" l'articulation du coude au-delà de son extension physiologique, cela crée un appui "os sur os".

  • Le ressenti :

    On se sent "calé", solide, car l'effort n'est plus porté par les muscles mais par la butée osseuse.

  • La réalité :

    Ce blocage court-circuite la chaîne musculaire. Au lieu de circuler, la charge vient s'impacter directement dans le coude, puis remonte brutalement dans l'articulation de l'épaule (la cavité glénoïde). C'est un peu comme si vous enleviez les amortisseurs d'une voiture : chaque vibration devient un choc direct pour la structure.


Pourquoi est-ce une "fausse bonne idée" ?


Le placement en coudes bloqués est un accélérateur de pathologies :


  • L'impingement (conflit) sous-acromial :

    Le blocage du coude fige l'humérus. Lors du mouvement, le tendon du muscle sus-épineux ou le tendon du long biceps se retrouve pincé contre l'acromion.


  • L'usure prématurée : le choc de l'onde

    Les sauts répétés et les mises en charge brutales dans les pratiques dynamiques (Ashtanga, Vinyasa) génèrent des ondes de choc qui cherchent un exutoire.

    Sans la flexion physiologique du coude pour agir comme un amortisseur, cette énergie cinétique remonte sans filtre vers la ceinture scapulaire. C’est alors le tendon du long chef du biceps, véritable stabilisateur de la tête humérale, qui se retrouve en première ligne.

    Sollicité au-delà de sa capacité de résistance, il subit des micro-traumatismes qui se propagent à l’ensemble du complexe :

    • Le bourrelet glénoïdien (labrum)

      qui s’épuise à stabiliser l’articulation.

    • L’espace sous-acromial

      qui se réduit sous l’effet de la fatigue musculaire, créant des conflits mécaniques.

    • La coiffe des rotateurs

      qui s'use prématurément en tentant de compenser l'absence d'amorti distal.


    Un coude verrouillé, c'est une épaule qui encaisse.

    La souplesse de l'articulation intermédiaire est la gardienne de votre intégrité scapulaire.


  • Le blocage respiratoire :

    Comme Cath l'explique souvent, le coude est lié énergétiquement au point Poumon-5. Verrouiller ses coudes, c'est souvent figer sa cage thoracique et limiter l'amplitude du diaphragme.

Le conseil de Serge : "Gardez toujours un 'micro-pli' ou une intention de flexion. La vraie force est une force élastique, capable de s'adapter au mouvement, jamais une force figée dans l'os."

Bibliographie & Études Cliniques

  • Kapandji (Physiologie articulaire) :

    La référence mondiale pour comprendre pourquoi dépasser l'extension physiologique détruit la stabilité ligamentaire à long terme.

  • Étude sur le syndrome d'hyperlaxité (2015) :

    Les cliniciens confirment que le verrouillage articulaire chez les sujets laxes augmente drastiquement les risques de déchirures labrales (bourrelet de l'épaule).




Infographie, coudes placés en récurvatum ou en hyperextension, une jeune asiatique pose en Bujhangasana et en Kumbhakasana

Le problème des coudes en recurvatum va au-delà des problèmes du corps physique.


Infographie montrant un schéma de bras humain avec les méridiens chinois et les points d'acupuncture chinois


L'impact énergétique : Quand le blocage articulaire "coupe" le souffle


Au-delà de l’usure mécanique, le blocage des coudes en recurvatum a des répercussions profondes sur la circulation de l’énergie vitale (le Qi).

En Yogathérapie Posturale, nous portons une attention particulière aux trois méridiens majeurs qui parcourent la face interne du bras :


  • Le Méridien du Poumon (P) :

    lié à la respiration et à la protection du corps.

  • Le Méridien du Cœur (C) :

    centre de la stabilité émotionnelle et du rythme cardiaque.

  • Le Méridien Maître Cœur (MC) (ou Péricarde) :

    celui qui protège le cœur et régule la circulation sanguine.


Le point Poumon-5 (Chi Ze) : La clé de voûte

Le point Poumon-5, situé au pli du coude, est un point stratégique. Dans les Arts Martiaux, une frappe (Atemi) sur ce point précis est redoutable : elle est utilisée par les combattants avancés pour inactiver un adversaire en perturbant instantanément la circulation du sang, du Qi, et surtout la mobilité du diaphragme.


Le "propre Atemi" du yogi

Le paradoxe que nous soulevons est saisissant : en bloquant vos coudes en hyper-extension pour "tenir" une posture, vous vous infligez une sorte d'Atemi permanent...

  • Perturbation du diaphragme :

    Le verrouillage du coude crée une tension réflexe qui fige le diaphragme.

  • Accélération cardiaque :

    Comme vous pourrez l'expérimenter dans le test ci-dessous, dès que le coude est bloqué, le cœur et la respiration s'accélèrent.

  • Sensation d'oppression :

    Ce placement erroné peut générer une sensation de fermeture ou d'oppression dans la cage thoracique.

En refusant le blocage, vous ne protégez pas seulement vos tendons ; vous libérez la circulation de l'énergie et permettez à votre respiration de retrouver son amplitude naturelle.

Bibliographie & Références de Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC)

  • Giovanni Maciocia :

    Les fondements de la médecine chinoise. La référence pour comprendre le trajet des méridiens du bras et l'importance du Péricarde (Maître Cœur).

  • Études sur l'acupuncture et le système nerveux autonome :

    Des recherches cliniques montrent que la stimulation (ou la compression excessive) des points situés sur le méridien du Maître Cœur influence directement la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC).


SI VOUS EN DOUTEZ, EXPÉRIMENTEZ :

en position assise ou debout, tendez les bras devant vous et bloquez les coudes comme Serge sur la photo ci-dessous.


Serge en pull noir devant un mur de bois bloque ses coudes

Observez les effets sur votre respiration et sur votre rythme cardiaque. Les épaules montent vers les oreilles et se bloquent aussi.

Dès les premières secondes, le cœur et la respiration s'accélèrent ! Avec parfois aussi une sensation d'oppression.

Si vous maintenez votre coude bloqué et que vous saisissez votre bras, vous verrez que l'épaule monte et reste en un bloc sans aucune mobilité. Lorsque les coudes sont bloqués, il n'est plus possible de dissocier le bras de l'avant-bras. Le membre supérieur devient alors comme un bâton.

Voir les photos de Cath ci-dessous.



Ne restez pas longtemps ainsi, c'est juste un test bref pour illustrer.


Il faut vraiment arrêter de bloquer les coudes ! Cela va bien au-delà des perturbations du corps physique !

Nous voyons défiler quotidiennement sur les réseaux sociaux des images de pratiquantes aux postures spectaculaires, affichant des visages radieux malgré des coudes verrouillés en hyper-extension. Bien que ces photos soient esthétiquement plaisantes, elles véhiculent un message erroné, voire dangereux, pour la pérennité de la pratique. Il est compréhensible de vouloir capturer la "beauté" d'une asana, mais masquer la réalité physiologique d'un blocage articulaire derrière un sourire est un contresens.

  • Un manque de Satya (Vérité) :

    Dans les Yogasutra, l'un des piliers des Yama est Satya, la vérité. Enseigner ou promouvoir une posture qui fragilise le corps physique sous prétexte qu'elle est "photogénique" s'éloigne de l'essence même du Yoga.

  • La responsabilité de l'enseignant :

    En tant que "Chercheurs en mouvement", nous devons nous interroger sur l'impact de ces images sur les élèves débutants qui, par mimétisme, risquent de s'infliger des blessures chroniques en pensant bien faire.


Passer de l'image au ressenti

Le yoga ne devrait pas être une performance visuelle, mais une expérience d'écoute interne.

  • Serge rappelle souvent qu'une posture juste se reconnaît à la liberté qu'elle laisse au souffle et à la fluidité du regard.

  • Une épaule réellement libre est le fruit d'un bras souple et mobile, et non d'un membre "bloqué" comme un bâton rigide.


C'est ce que nous nous efforçons de transmettre dans nos formations : l'excellence d'un enseignant ne se mesure pas à sa souplesse apparente sur une photo, mais à sa capacité à préserver l'intégrité de son corps et de celui de ses élèves sur le long terme.


Bibliographie & Éthique

  • Patañjali :

    Yogasutra. Pour l'approfondissement des Yama (Satya) et des Niyama.


  • Dossier de Santé Publique sur l'impact des réseaux sociaux :

    Plusieurs études montrent que l'idéalisation de postures physiquement risquées sur Instagram augmente le taux de blessures chez les pratiquants autodidactes.




Cath en pull rose devant un mur de bois, tient son bras droit coude non-bloqué et épaule libre et mobile
Voyez le placement ci-dessous du bras de Cath, il est souple, il dispose d'une grande mobilité et les épaules sont alors libres. C'est que nous proposons de travailler ! Il faudrait penser, avancer le coude pour pousser la main et non pas tirer sur la main pour tendre le coude. Le mouvement du bras devrait toujours être dirigé par le coude.



LA POSTURE AU QUOTIDIEN : LE TERRAIN INVISIBLE DE LA BLESSURE


L'enseignant de yoga n'échappe pas aux contraintes de la vie moderne. Avant même de déplier son tapis ou d'entamer une séance d'Asanas, son corps porte souvent les marques de situations favorisant les troubles musculo-squelettiques (TMS). Le temps passé assis à l'ordinateur, les moments de détente sur le canapé ou les trajets prolongés dans les transports laissent des traces indélébiles dans la structure corporelle.

Voir notre article Prendre l'assise


Cath en maillot rouge vautrée sur une chaise devant un mur de bois
Cath affalée sur une chaise.

L'effondrement postural : une réaction en chaîne

Lorsque nous nous "affalons", nous créons un schéma corporel délétère que Cath et Serge analyse lors de chaque bilan postural Yoga :


  • La cyphose dorsale :

    Le haut du dos s'arrondit, figeant la cage thoracique dans une position de fermeture.

  • Les épaules enroulées :

    Les omoplates s'écartent et les épaules tombent vers l'avant, créant une tension constante sur les trapèzes.

  • La nuque projetée :

    Pour compenser l'arrondi du dos et continuer à regarder l'écran, la tête part vers l'avant, cassant la ligne des cervicales.

  • L'épigastre comprimé :

    L'effondrement de la poitrine comprime l'estomac et entrave la liberté du diaphragme, rendant la respiration superficielle.


Des conséquences directes sur le tapis

Cette posture incorrecte ne disparaît pas par magie dès que l'on commence à pratiquer. Elle augmente drastiquement les tensions sur les épaules, mais aussi sur les trapèzes, les coudes et jusqu'aux poignets lors des appuis. Si l'on ne corrige pas cette "posture de départ" dans la vie courante, la pratique du yoga risque de ne faire qu'aggraver des déséquilibres déjà installés.

On ne peut pas espérer avoir des épaules libres en Adho Mukha Svanasana, le chien tête en bas, si l'on passe 6 heures par jour les épaules aux oreilles devant un écran. La Yogathérapie commence sur votre chaise de bureau.

Ressources et Bibliographie

  • Samy Bendaya :

    Ses travaux sur la neuro-orthopédie confirment que le cerveau finit par intégrer ces mauvaises postures comme étant la "norme", rendant le réalignement en yoga plus complexe.

  • Dominique Martin :

    L'ostéopathie montre comment l'effondrement de la cage thoracique verrouille la mobilité des premières côtes, interdisant de fait une bonne rotation de l'épaule.


ANATOMIE DE L'ÉPAULE :


Infographie, l'articulation de l'épaule en schéma anatomique, un squelette complet avec en évidence les os de l'épaule.

Le bras est relié au corps par l'articulation sterno-claviculaire. L'articulation de l'épaule, comporte 5 articulations permettant une grande mobilité. L'horizontalisation de la ceinture scapulaire dépend grandement de la position du bassin en antéversion.


LES SYMPTÔMES DES AFFECTIONS DE L'ÉPAULES LIÉES AU YOGA :


  • Douleurs et mal aux épaules :

    • à l'avant ou sur le côté de l'épaule,

    • lors de l'élévation du bras,

    • lors de la rotation du bras.

  • Faiblesse musculaire

  • Raideur de l'épaule

  • Diminution de l'amplitude des mouvements

  • Grincement ou claquement de l'épaule

  • Gonflement de l'articulation

Si vous avez mal aux épaules : ces signaux vous invitent à consulter un Ostéopathe et/ou un Médecin, et à interroger votre pratique de Yoga.

LES PATHOLOGIES FRÉQUENTES LIÉES AUX MAUVAIS PLACEMENTS :


Toutes les tendinopathies (tendinite et tendinose) :

Les affections qui touchent les tendons de l'épaule. Les tendons sont des sortes de cordons solides qui relient les muscles aux os.


Tendinite de la coiffe des rotateurs :

La coiffe des rotateurs est un groupe de quatre muscles qui entourent l'articulation de l'épaule. Ils permettent de soulever, de faire pivoter et d'étendre le bras. La tendinite de la coiffe des rotateurs est une inflammation de l'un ou de plusieurs de ces tendons. C'est la cause la plus fréquente de douleur à l'épaule chez les yogis. Attention, dans les sauts ! Les chocs répétés peuvent aller jusqu'à provoquer rupture partielle ou totale des tendons de la coiffe des rotateurs, particulièrement le tendon du sus-épineux ou du long biceps.


Bursite sous-acromiale :

La bourse sous-acromiale est un petit sac rempli de liquide qui se trouve entre la coiffe des rotateurs et l'acromion, l'os qui dépasse à l'avant de l'épaule. La bursite sous-acromiale est une inflammation de cette bourse. Elle peut être causée par un frottement excessif de la coiffe des rotateurs contre l'acromion.

Syndrome d'impingement de l'épaule :

L'impingement de l'épaule est une condition dans laquelle les tendons de la coiffe des rotateurs sont comprimés lorsqu'ils passent sous l'acromion. Cela peut être causé par une faiblesse musculaire, une mauvaise posture ou une surutilisation de l'épaule.


La capsulite :

c'est une affection qui limite l'amplitude des mouvements. Elle se caractérise par une inflammation et un rétrécissement de la capsule articulaire, membrane fibreuse qui enveloppe et protège l'articulation. On parle également de capsulite rétractile, on observe alors une fonte musculaire rapide du deltoïde, en quelques jours. Il est alors impossible de lever le bras.


Arthrose de l'épaule

L'arthrose est une maladie dégénérative des articulations. Elle est caractérisée par l'usure du cartilage qui recouvre les os de l'articulation. L'arthrose de l'épaule peut être causée par une usure normale, une blessure ou une maladie auto-immune.


Syndrome du canal carpien, au niveau du poignet peut avoir pour origine un problème de placement d'épaule dans les Asanas :

Le syndrome du canal carpien est une affection qui touche le nerf médian, qui traverse le canal carpien du poignet. Le canal carpien est un tunnel formé par les os du poignet et un ligament. Le syndrome du canal carpien peut être causé par une compression du nerf médian.

Symptômes :

  • Engourdissement, picotements ou douleur dans la main, le pouce, l'index et le majeur

  • Faiblesse musculaire dans la main

  • Difficulté à saisir des objets.

Le conseils de Cath et Serge : Ces signaux ne sont pas des ennemis, mais des invitations à interroger votre pratique et à retrouver l'aplomb. Si la douleur persiste, la consultation d'un médecin ou d'un ostéopathe est indispensable (seul un médecin peut établir un diagnostic).

COMMENT NE PLUS SE FAIRE MAL AUX ÉPAULES LORS DE LA PRATIQUE DE YOGA ?

BLOQUER LES COUDES EST MAUVAIS POUR LES ÉPAULES :

cela doit se dire !

Tout blocage de coudes ou recurvatum (ou hyper-extension) est mauvais, c'est une des sources importantes de mal aux épaules. Il y a nécessité de travailler à se défaire de cette habitude souvent bien ancrée de blocages des coudes, depuis des années !!!... Au début, cela demandera une grande vigilance. La progression dans les Asanas peut demander du temps et surtout des conseils avisés.

LE PLACEMENT CORRECT DE LA CEINTURE SCAPULAIRE DÉCOULE DU PLACEMENT CORRECT DU BASSIN :

Cath en maillot rouge devant un mur de bois, dans 3 postions de bassin, rétroversion, antéversion et hyperantéversion

PHOTO A : BASSIN EN RÉTROVERSION

  • genoux fléchis en perte de congruence,

  • ventre serré,

  • fesses en goutte d'eau,

  • bassin en avant, poids du corps sur l'avant pied,

  • poitrine tombante,

  • perte de la lordose lombaire qui se répercute en hyperlordose cervicale : nuque cassée,

  • bosse de bison et cyphose dorsale,

  • tension dans les trapèzes et les cervicales,

  • les épaules s'enroulent, les omoplates vont vers une sonnette externe, les épaules remontent vers les oreilles.


PHOTO B : BASSIN EN ANTÉVERSION

  • jambes en tonicité réflexe,

  • ventre étiré,

  • fessiers en position effective pour la marche,

  • bassin aligné sur l'aplomb, poids du corps sur les talons,

  • poitrine portée par des épaules larges,

  • lordose lombaire basse correcte, la nuque est libre et longue,

  • cyphose dorsale neutre, le lien cervico-dorsal est établi

  • les épaules sont bien placées, les omoplates sont en sonnette interne.


PHOTO C : EN HYPERANTÉVERSION

  • genoux le plus souvent en récurvatum, en perte de congruence,

  • ventre rentré,

  • tensions au niveau du diaphragme et

  • poitrine pointée,

  • cambrure haute, dorso-lombaire,

  • tension dans les trapèzes et les cervicales,

  • tension entre les omoplates.


LE PLACEMENT CORRECT DES COUDES DANS LES ASANAS :

Pour bien comprendre ce qui ce joue et ne plus avoir mal aux épaules, nous pouvons distinguer différentes implications et types de sollicitations des épaules selon les Asanas.


LES ASANAS EN APPUI SUR LES MAINS :

elles nécessitent une mobilité et un placement correct de la ceinture scapulaire, elles peuvent être douloureuses pour les poignets aussi.

Ce sont notamment :

  • Bhujangasana (Cobra),

  • Adho Mukha Svanasana (Chien tête en bas),

  • les Kumbhakasana (Planches),

  • Marjarasana (Chat),

  • Udhva Dhanurasana (Pont),

  • etc.


Cath en maillot rouge dans Bhujangasana et Marjasana avec le placement correct des épaules. Serge en maillot orange en placement correct des épaules dans Adho Mukha Svanasana

Si la ceinture scapulaire n'est pas placée correctement, il y a compression des cervicales !


Serge en maillot orange en placement correct des bras et des épaules avec sangle dans Viparita Karani. Même chose pour Cath en maillot rouge dans Urdhva Dhanurasana

Les sangles sont nécessaire afin de conserver une position correcte de l'articulation scapulo-humérale et ne pas avoir mal aux épaules.

Placement erroné des épaules est des coudes. Un homme en rose et noir dans le chien tête en bas et le chien tête en haut. Une jeune femme en noir et blanc dans Urdhva Dhanurasana.

Sur l'infographie :

  • en 1, le pratiquant à la nuque cassée, les épaules enroulées et le menton en avant. Les coudes bloqués, l mobilité des épaules est perdue.

  • En 2 il a toujours les coudes bloqués. Bras en rotation interne, les épaules sont montées vers les oreilles. Tout les poids est porté par des bras mal placés.

  • La pratiquante en 3 se met en danger par compression des cervicales, ses bras sont partis en rotation interne, elle ne peut pas les maintenir en rotation externe. Sa nuque est vraiment cassée et déconnectée des dorsales.


LES ASANAS NÉCESSITANT UN PLACEMENT TRÈS SPÉCIFIQUE DES ÉPAULES:

elles nécessitent une grande mobilité et un placement correct de la ceinture scapulaire, voire des adaptations.

Ce sont notamment :

  • Garudasana (Aigle),

  • Gomukhasana (tête de Vache),

  • Dhanurasana (Arc),

  • Sirsasana (Posture sur la tête),

  • Postures avec les bras levés,

  • Ustrasana (Chameau),

  • etc.


Cath les épaules placée correctement dans Anjaneyasana et Gomukhasana et Serge dans Garudasana


Placement erroné de la nuque. 2 jeunes femmes la tête lâchée en arrière dans Ustrasana et le Cobra royal

Les pratiquantes en 4 et en 5 lèvent le menton pour placer la tête au lieu d'étirer les cervicales. Il y a compression des cervicales.


LES ASANAS EN ÉQUILIBRE SUR LES MAINS :

ce sont les plus exigeantes, elles nécessitent une grande mobilité et un placement correct de la ceinture scapulaire.

Ce sont notamment :

  • toutes les handstands

  • Adho Mukha Vrkshasana (Poirier, équilibre sur les mains),

  • Mayrasana (Paon),

  • Kakasana (Corbeau),

  • etc.



LA VIGILANCE CERVICALE : LE SYNDROME DU SALON DE COIFFURE


Une jeune femme se fait laver les cheveux dans un salon de coiffure. La photo est en noir et blanc

Dans notre quête d'ouverture de poitrine ou de flexions arrière, nous oublions parfois la fragilité des conduits vasculaires qui irriguent notre cerveau. Le syndrome du salon de coiffure (ou syndrome du salon de beauté) est une affection rare mais grave qui doit interpeller chaque enseignant sur le placement de la tête.


Qu'est-ce que ce syndrome ?

Il se produit lorsqu'une personne maintient la tête en hyperextension (basculée en arrière), comme lors d'un shampoing au bac chez le coiffeur. Cette position peut comprimer les artères vertébrales et interrompre ou réduire drastiquement le flux sanguin vers le cerveau, provoquant potentiellement un accident vasculaire cérébral (AVC).


Les signaux d'alerte

La vigilance est de mise si l'un de ces symptômes apparaît durant ou après une posture :

  • Une faiblesse ou un engourdissement soudain :

    souvent d'un seul côté du corps.

  • Des difficultés à articuler :

    à parler ou à comprendre la parole.

  • Des troubles de la vision :

    vue floue, taches...

  • Un vertige intense :

    ou une perte d'équilibre.


L'application au Yoga : ne plus "casser" la nuque

Pour Serge, ce risque médical confirme la nécessité absolue de ne jamais déconnecter les cervicales des dorsales.

  • Le danger des postures en extension :

    Dans des asanas comme Bhujangasana (le Cobra) ou Ustrasana (le Chameau), beaucoup de pratiquants "cassent" la nuque pour regarder le plafond, créant cette compression artérielle dangereuse.


  • La règle de l'aplomb :

    La nuque doit rester "longue et libre". L'extension doit être répartie sur toute la colonne et non localisée sur les vertèbres cervicales fragiles.


Le conseil de Cath et Serge : Le regard ne doit pas diriger la tête au prix de la santé vasculaire. Si vous sentez un fourmillement ou un vertige, quittez la posture immédiatement. La tête doit rester le prolongement gracieux de la colonne, jamais une charge suspendue dans le vide. Le lien cervico-dorsal est fondamental !

Bibliographie & Références Médicales

  • Études cliniques sur la dissection de l'artère vertébrale :

    La littérature médicale documente des cas de "Yoga-induced stroke" liés à des hyperextensions prolongées ou des compressions lors de postures sur la tête mal maîtrisées.

  • Samy Bendaya :

    Ses recherches sur la proprioception cervicale soulignent que la stabilité de la tête dépend de la coordination entre les muscles profonds du cou et l'équilibre du bassin.



SÉQUENCE D'EXERCICES POUR PRÉVENIR OU SOULAGER LE MAL AUX ÉPAULES LIÉ À LA PRATIQUE DES ASANAS :


Infographie d'exercices de Yoga pour la ceinture scapulaire. Cath pose en maillot rouge il y a 7 étapes avec une couverture de Yoga, avec une sangle et avec une cale de Yoga.

MATÉRIEL :

  • une couverture de Yoga 200 x 150 cm,

  • un bâton ou un manche à balai,

  • une cale 30 x 20 x 5 cm

  • une sangle à boucle.

EXERCICES :

Prenez le temps, quittez les postures en cas de sensation de fourmillement ou de gêne.


  1. pliez la couverture en accordéon pour une dimension finale de 80 x 20 x 7 à 8 cm.

  2. La placez dans le sens de la longueur.

    1. Asseyez-vous pieds écartés sur le bord inférieur de la couverture, posez vous sur les coudes et laissez-vous glisser jusqu'à ce que votre bassin se pose devant la couverture.

    2. Prenez un coude dans chaque mains, les bras sont sur le ventre. Soyez dans le geste d'écarter vos coudes.

  3. Avec un bâton, bras parallèles, poussez le bâton vers l'arrière et maintenez quelques minutes.

  4. Placez la couverture sous les lombaires et reprenez un coude dans chaque main.

  5. Amenez doucement les bras ainsi tenus au-delà de la tête. Pensez à changer le croisement.

  6. Placez une sangle au niveau des bras.

  7. Placez sur la couverture, cette fois au niveau du bas des omoplatess.

    1. La cale sous la tête dans le sens de la longueur.

    2. Glissez les mains de part et d'autre de la cale, doigts orientés en direction des pieds.

    3. Restez tant que cela sera confortable.



CONCLUSION :

VERS UNE PRATIQUE D'EXCELLENCE ET DURABLE


Le mal aux épaules chez l'enseignant de Yoga ou le pratiquant n'est pas une fatalitér, mais un signal d'alarme précieux. Il nous invite à quitter une répétition purement mécanique pour entrer dans la voie du "Chercheur en mouvement".


Comme Serge et Cath l'enseignent, la libération de la ceinture scapulaire ne se joue pas uniquement dans l'épaule, mais dans la reconstruction globale de notre structure. En retrouvant l'aplomb (cet alignement où le bassin soutient la colonne et où la nuque reste libre) vous ne vous contentez pas de soigner une tendinite. Vous restaurez la fluidité de votre respiration, la clarté de votre présence et, surtout, la pérennité de votre enseignement.


L'excellence ne réside pas dans la performance d'une posture acrobatique, mais dans la vérité (Satya) d'un corps qui respecte sa propre physiologie. En cessant de "bloquer" vos articulations, vous ouvrez la porte à un Yoga qui protège et libère.


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Bonne pratique !

Cath et Serge



Mise à jour : 28 décembre 2025 avec les dernières recherches en biomécanique et biotenségrité.


3 commentaires


Membre inconnu
22 févr. 2024

Merci pour cet article complet et détaillé sur les douleurs aux épaules, fréquentes aussi chez nos élèves ! C'est utile pour mieux comprendre et rester vigilant dans les placements, notamment pour les hyperbares qui sont nombreux y compris chez nous les enseignants !

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lifexploratrice
lifexploratrice
21 févr. 2024

Super intéressant article. Comme toujours. Détaillé et expliqué, avec des applications.

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Cath et Serge
Cath et Serge
21 févr. 2024
En réponse à

Merci 😀

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