COMMENT UNE PRATIQUE DE YOGA NON-ADAPTÉE PEUT NUIRE (BLESSURES ET PATHOLOGIES), NÉCESSITÉ DE YOGATHÉRAPIE
- Cath et Serge

- il y a 16 minutes
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LE YOGA EN TANT QU'ANTI-DOTE UNIVERSEL ?
Le Yoga est souvent présenté comme l'antidote universel à nos maux. Un chemin vers la paix intérieure, la force physique, l'épanouissement personnel voire la guérison. Des millions de pratiquants témoignent de ses bienfaits exceptionnels, et ils ont raison.

Cependant, il est temps de briser un tabou : le yoga, enseigné et pratiqué sans compréhension du corps, sans la connaissance de l'anatomie appliquée ou avec des attentes irréalistes, n'est pas sans risque. Si la discipline en elle-même se veut bénéfique, son application peut malheureusement devenir une source de douleur.
Combien de fois avons nous entendu lors d'un bilan postural Yoga en individuel :
"Je me suis fait mal au genou en Padmasana, j'ai entendu "crack" en ramenant le pied, ménisque fissuré..."
ou "J'ai dû subir une opération d'urgence pour une hernie discale suite à la pratique de Paschimottansana car mon enseignant poussait sur mon dos..."
ou encore "Désinsertion partielle du sus-épineux (muscle de l'épaule), je sentais bien que j'avais de plus en plus mal à l'épaule dans le chien tête en bas..."
L'ennemi n'est pas l'Asana (la posture), mais la pratique non-adaptée.
L'importance de ce sujet est corroborée par la recherche clinique. Une revue systématique d'études sur le sujet des blessures liées au yoga (Papadopoulos et al., 2018) a confirmé que, si le risque absolu reste faible, les incidents sont majoritairement de nature musculo-squelettique. Ces données médicales soulignent que les zones les plus touchées sont souvent liées à une erreur d'alignement ou à un excès d'amplitude (les hanches, les lombaires, les cervicales, et les épaules). Cela confirme notre postulat : le danger réside principalement dans une exécution technique incorrecte ou l'ignorance des limites individuelles. Cet article n'a pas pour but de vous effrayer, mais de vous responsabiliser et de vous protéger. Nous allons explorer ensemble la face cachée de notre discipline : comment l'excès d'ego, le manque d'écoute corporelle ou l'ignorance de nos propres faiblesses ou pathologies peuvent transformer un geste de bienveillance en une blessure. Loin d'être un remède miracle, le yoga exige humilité, ajustement et connaissance de soi. Découvrons ensemble les signes avant-coureurs, les erreurs fréquentes et surtout, les clés d'une pratique sûre, juste et durable et l'intérêt de la Yogathérapie.
LE FACTEUR HUMAIN (les erreurs qui blessent) :
L'EGO SUR LE TAPIS DE YOGA : LA RECHERCHE DE LA PERFORMANCE
L'excès de zèle ou l'ingérence de l'ego :
L'article de William Broad, "How Yoga Can Wreck Your Body" (2012 NYT), est devenu un point de référence pour la discussion sur les risques du yoga. Il a synthétisé les préoccupations de neurologues, de physiothérapeutes et de professeurs de yoga de longue date.
Broad a mis en lumière des cas rapportés dans la littérature médicale de blessures graves, notamment des accidents vasculaires cérébraux (AVC), chez des personnes pratiquant des inversions comme Sarvangasana (la chandelle) ou Halasana (la charrue). Il a également alerté sur le risque de blessure au bas du dos, non pas par manque de souplesse, mais par un excès de souplesse ou une pratique forcée visant l'amplitude maximale.
Les pratiquants très souples ont tendance à se reposer dans leurs ligaments plutôt que d'utiliser la force musculaire. Dans les extensions intenses (comme Urdhva Dhanurasana, Chakrasana, la roue), ils peuvent forcer l'extension lombaire au lieu de distribuer l'extension sur toute la colonne et d'engager les muscles profonds, menant à une usure prématurée des disques intervertébraux ou à un spondylolisthésis (glissement vertébral).

L'ère du paraître, du branding, des réseaux sociaux et la nature humaine compétitive ont transformé l'Asana (posture) espace d'expérimentation et de découverte en un objectif de performance. Le piège le plus fréquent est de se comparer aux voisins de tapis, qui semblent atteindre la posture "parfaite". On oublie alors que le chemin de chacun est unique, dicté par sa structure corporelle, son passé et son état du moment. L'envie d'atteindre la posture illustrée (par exemple, poser la tête sur les genoux dans une flexion, ou un pied derrière la tête) pousse à forcer l'amplitude au lieu de travailler la stabilité et l'alignement. Il existe une confusion courante entre "l'effort" (l'intensité constructive) et "la douleur" (le signal d'alerte). L'excès de zèle, alimenté par la croyance que "no pain, no gain" (pas de douleur, pas de progrès), incite le pratiquant à persister dans la douleur articulaire. Pousser trop fort ou trop loin pour satisfaire cet idéal esthétique soumet les articulations (surtout les genoux et les lombaires) à des contraintes pour lesquelles les muscles stabilisateurs ne sont pas prêts. C'est la voie rapide vers l'élongation, la déchirure musculaire, ou l'aggravation d'une douleur chronique.
L'excès de zèle se manifeste par une tentative obstinée de forcer le corps à se plier à la volonté du mental.
Ignorer Ahimsa, le principe de non-nuisance :
Ce non-respect envers son propre corps (pousser au-delà de la limite naturelle de la douleur). Il est essentiel de distinguer l'inconfort sain (la sensation chaude, l'étirement profond mais supportable qui mène à la libération) de la douleur vive ou articulaire (souvent froide, piquante, ou électrique). Le pratiquant zélé ignore le second signal pour atteindre le premier.
Ce principe Ahimsa est d'ordinaire dirigé vers les autres, mais il devrait avant tout être pour soi-même, en particulier sur le tapis de yoga. Lorsque la pratique devient non-adaptée, c'est souvent parce que l'on ignore délibérément la voix de Ahimsa.
Dans le contexte du yoga, ignorer Ahimsa signifie faire preuve de violence envers son corps en le poussant dans des limites douloureuses et potentiellement destructrices.
Le mythe de la souplesse :
Dans l'imaginaire collectif, le yoga est synonyme de souplesse spectaculaire. Or, cette focalisation exclusive sur l'étirement est l'une des principales causes d'une pratique non-adaptée et des blessures associées. La souplesse est la capacité d'étendre un muscle. La stabilité est la capacité de contrôler cette amplitude. Si vous étirez un muscle sans renforcer les muscles antagonistes ou stabilisateurs autour de l'articulation, vous créez une hyper-mobilité non contrôlée. Ne chercher que l'étirement sans construire la force et la stabilité. Vouloir réaliser en quelques semaines des Asanas qui demandent des mois voire des années de préparation progressive (comme Padmasana, le Lotus ou les inversions avancées) crée un stress intense sur les tissus conjonctifs (ligaments, tendons et fascias), qui n'ont pas la même élasticité que les muscles et ne devraient jamais être étirés par la force.
Si les muscles réagissent bien à l'étirement progressif, les ligaments et les tendons (qui assurent la stabilité des articulations) sont facilement endommagés par la force. Forcer une articulation dans une amplitude excessive mène à l'hyperlaxité ou, pire, à une déchirure, transformant une articulation stable en une zone de fragilité chronique.
Des articulations comme les hanches, les épaules ou le bas du dos sont faites pour bouger, mais elles ont besoin d'être tenues. Sans une force adéquate, l'excès de souplesse met toute la pression sur les ligaments (structures passives), les étirant de manière permanente et rendant l'articulation instable et sujette aux entorses ou aux luxations.
L'ego transforme l'Asana en un exercice de force plutôt qu'un lieu d'écoute. Renoncer à la posture, ou prendre une variation plus douce, n'est pas un signe de faiblesse, mais la preuve d'une pratique de Yoga intelligente et adaptée.
LES ERREURS TECHNIQUE D'EXÉCUTION : LE MAL FAIT OU VITE FAIT
L'hyperextension articulaire :
Les personnes naturellement souples ou hyperlaxes sont paradoxalement les plus à risque d'une pratique non-adaptée. Lors des verrouillages articulaires, elles sollicitent excessivement les structures ligamentaires en plaçant les genoux ou les coudes en hyper-extension (recurvatum) au lieu d'utiliser la tonicité musculaire pour les maintenir dans un alignement physiologique.
Le verrouillage (par exemple, des genoux dans les postures debout comme Trikonasana ou les coudes bloqués dans Bhujangasana (Cobra) ou Kumbhakasana (planches) met une pression excessive sur l'arrière de l'articulation, favorisant l'usure prématurée du cartilage, l'inflammation et l'instabilité à long terme. Une pratique saine et adaptée équilibre toujours le travail d'étirement (flexibilité) avec le travail de renforcement (stabilité).
La perte de congruence articulaire :
Une pratique non-adaptée ne se contente pas de tirer sur les ligaments ; elle modifie la façon dont les os s'emboîtent, perturbant ainsi la mécanique naturelle de l'articulation. La congruence articulaire est l'ajustement parfait (ou quasi parfait) entre les surfaces osseuses (comme la tête du fémur dans la cavité du bassin ou l'humérus dans l'épaule). Cette congruence permet de distribuer les forces de manière homogène et de minimiser l'usure pour des articulations en bonne santé. Dans une posture mal exécutée, l'articulation est forcée de travailler dans un axe qui n'est pas son axe naturel. Par exemple, forcer une ouverture de hanche sans le placement correct du bassin en antéversion et sans la rotation des hanches adéquate oblige l'articulation à se désaxer. Cette perte de congruence entraîne des forces de cisaillement et de compression inégales. Au lieu que la charge soit répartie sur l'ensemble du cartilage, elle se concentre sur un point précis.
La concentration des forces sur un point spécifique du cartilage articulaire (qui, rappelons-le, ne se régénère pas facilement) peut conduire à son amincissement prématuré et, à terme, favoriser l'apparition de l'arthrose. Une mauvaise utilisation répétée de l'articulation dans le désalignement finit par assouplir la capsule articulaire de façon inégale, contribuant à une instabilité et une fragilité chroniques.
Le yoga bien pratiqué cherche à restaurer la congruence articulaire pour la santé et le mouvement. Une pratique non-adaptée, par l'oubli de l'alignement, brise cette congruence, transformant le bienfait en dommage mécanique durable.
L'alignement oublié, incompris ou bâclé :
L'alignement en yoga n'est pas qu'une question d'esthétique ; c'est une question de biomécanique et de biotenségrité corporelle. Un alignement précis assure que la force est répartie sur les structures musculaires prévues (les muscles porteurs), protégeant ainsi les structures passives et fragiles, notamment les articulations et les disques vertébraux.
Exemple : les rotations du rachis sur des lombaires en flexions sont dommageables pour les disques intervertébraux lombaires. Une pratique non-adaptée résulte souvent d'une attention excessive sur l'extrémité du geste (les mains, les pieds) au détriment du centre de gravité et de la répartition du poids. Dans les postures debout, un mauvais alignement peut faire porter l'intégralité du poids sur l'avant ou/et l'extérieur du pied, affectant toute la chaîne cinétique, du genou à la hanche. C'est le cas lorsque le bassin est placé trop en avant et que l'éversion des pieds est inconnue. Dans les postures en appui sur les mains, si les poignets ne sont pas correctement positionnés, si les coudes sont bloqués, toute la charge se concentre dangereusement sur le talon de la main, menant à une inflammation (tendinite du poignet) ou à un syndrome du canal carpien.
L'oubli le plus critique de l'alignement est celui qui provoque la compression, principalement au niveau du rachis. La rétroversion du bassin particulièrement dans les flexions (Paschimottanasana, Uttanasana...), la pratique non-adaptée (souvent pour aller chercher les genoux avec la tête) mène à la rétroversion forcée du bassin. Cette rétroversion écrase les vertèbres lombaires les unes contre les autres, et pousse les disques intervertébraux vers l'arrière, augmentant significativement le risque de protrusion discale, d'hernie ou d'aggravation d'une pathologie lombaire préexistante. De même, lors des torsions assises (Ardha Matsyendrasana), une rotation excessive ou forcée effectuée en flexion lombaire provoque un écrasement et une friction potentiellement délétères sur les facettes articulaires et les disques des vertèbres.
Un alignement bâclé ou incompris transforme la posture en une source de contraintes.
Les ajustements physiques (hands-on assist) hasardeux ou dangereux :
Il s'agit d'une correction ou d'un guidage physique par l'enseignant qui touche le pratiquant pour l'aider à améliorer son alignement dans une posture, c'est un outil puissant utilisé par les enseignants pour affiner la posture du pratiquant, l'aider à sentir un nouvel alignement ou à approfondir l'étirement. Toutefois, lorsque l'ajustement est effectué par un enseignant insuffisamment aguerri et qu'il peut être de ce fait non-adapté, mal communiqué, il devient une source majeure de blessures. Le principal danger survient lorsque la force externe appliquée par l'enseignant ne suit pas la direction correcte et excède les capacités musculaires et ligamentaires du corps du pratiquant. Souvent lorsque l'enseignant n'a pas correctement intégré lui-même l'Asana ou l'exercice car il n'y a jamais vu de difficulté. L'enseignant peut aussi ne pas réussir à comprendre le corps et les possibilités du pratiquant par méconnaissance de l'anatomie appliquée. Pour l'enseignant, cette responsabilité est capitale. S'assurer que chaque élève pratique sans danger exige une connaissance approfondie de l'anatomie et de la pathologie. C'est l'essence même de notre approche, notre expertise ne se limite pas à l'enseignement des postures ; elle est ancrée dans la Yogathérapie. En tant que formateurs en Yogathérapie, nous avons pour mission de vous doter, ou de doter les enseignants, de cette compétence d'adaptation clinique. C'est le seul moyen d'assurer que le yoga reste bénéfique voire thérapeutique, et non une source de blessure, pour absolument tout le monde. Le danger de l'ajustement n'est pas uniquement externe ; le pratiquant peut s'ajuster lui-même de manière non-adaptée. Généralement par méconnaissance de l'anatomie appliquée ou en se fiant à des perceptions erronées, notre proprioception est malheureusement erronée. Chercher à forcer une posture en utilisant des mauvais leviers, comme tirer sur son pied avec les mains pour gagner quelques centimètres supplémentaires de flexion. Cette manœuvre crée une contrainte localisée et brutale sur les lombaires, augmentant le risque de blessure.
Utiliser des accessoires (sangle, brique) pour forcer l'amplitude plutôt que pour soutenir l'alignement mène à une pratique non-adaptée.
LES ZONES DE FRAGILITÉ ET LES PATHOLOGIES AGGRAVÉES
LES LÉSIONS MUSCULO-SQUELETTIQUE COURANTES
Rachis (colonne vertébrale) :
Lombaires :
Une flexion (Paschimottanasana, Uttanasana, etc) effectuée en rétroversion du bassin et avec un dos arrondi au lieu d'une bonne antéversion (comme nous l'avons vu précédemment) exerce une pression vers l'arrière sur les disques intervertébraux.
Cela peut déclencher ou aggraver une hernie discale (une partie du disque sort de son enveloppe) ou une protrusion, entraînant des douleurs nerveuses comme la sciatique, la cruralgie.
Les torsions pratiquées sur des lombaires en flexion peuvent forcer les facettes articulaires à se compresser et entraîner des pincements douloureux.
Risque pour le périnée (lien avec les fuites urinaires) : Au-delà du risque discal, la pratique répétée de postures en rétroversion forcée peut également affaiblir ou déséquilibrer le plancher pelvien. Un bassin maintenu en antéversion correcte (et produite par les jambes) permet aux muscles du périnée (plancher pelvien) de travailler de manière optimale. Lorsque le bassin est constamment tiré en rétroversion, cela modifie la courbure naturelle de la colonne et pousse les organes internes vers le bas, exerçant une pression inhabituelle sur le plancher pelvien.
Les personnes ayant déjà des fragilités (post-partum, ménopause), cette pression chronique et le manque d'engagement correct peuvent contribuer à l'apparition ou à l'aggravation de fuites urinaires d'effort ou d'autres problèmes de statique pelvienne. Le yoga mal pratiqué va ainsi à l'encontre de son objectif de renforcement postural.
Cervicales :
Les postures inversées comme Sarvangasana (La posture sur les épaules, la chandelle) ou Halasana (La charrue) exigent que le poids du corps repose sur les épaules, non sur le cou. Si le pratiquant n'utilise pas des couvertures sous les épaules, il force de manière exagérée la flexion des vertèbres cervicales.
Des douleurs, des raideurs, voire, dans des cas extrêmes et chez des personnes déjà fragiles, des compressions nerveuses.
Si le pratiquant tourne la tête une fois dans la posture (pour regarder l'enseignant ou un voisin) est extrêmement dangereux.
Ces erreurs mécaniques provoquent une compression excessive et un pincement des disques cervicaux. Cela peut entraîner une irritation des racines nerveuses sortant de la colonne cervicale, se manifestant par une douleur aiguë, des fourmillements ou un engourdissement dans le bras, la main ou les doigts (souvent appelée à tort "sciatique du cou" ou névralgie cervico-brachiale).
Sont mentionnés également des cas de problèmes d'audition ou d'acouphènes qui pourraient résulter de la pression exercée sur les structures de l'oreille interne ou de la circulation sanguine dans la zone du cou durant ces postures, surtout si elles sont mal exécutées ou maintenues trop longtemps.
Épaules et Poignets :
Les postures d'appui sollicitent fortement les articulations du haut du corps.
L'une des erreurs les plus courantes est de bloquer les coudes perturbant ainsi la mobilité des épaules et la dissociation bras - avant-bras qui préserve les poignets et fait le lien avec les omoplates.
Cette surcharge comprime les articulations des épaules et met à rude épreuve la coiffe des rotateurs, pouvant provoquer des tendinites ou des syndromes d'impingement (conflit sous-acromial par un pincement du tendon supérieur de la coiffe des rotateurs lors des mouvements).
Une mauvaise répartition du poids entre les bras et les jambes qui devraient soulager les bras (comme dans Adho Mukha Svanasana (le Chien Tête en Bas), peut entraîner des douleurs chroniques ou des tendinites.
Hanches, Genoux, chevilles et pieds :
Pression latérale excessive (tentative forcée de Lotus), rotation interne ou externe inappropriée selon la posture travaillée (menace sur le ménisque). Ces articulations complexes sont souvent lésées par la recherche forcée d'ouverture. Les genoux sont des articulations conçues pour la flexion et l'extension. Ils tolèrent mal les forces de rotation excessive (latérales).
Des postures exigeantes comme la tentative forcée de s'asseoir en Padmasana (lotus) ou des variations de Virabhadrasana (guerrier) mal alignées peuvent transférer la rotation de la hanche (où elle devrait se produire) vers l'articulation du genou.
Cela peut provoquer une tension ou une déchirure des ligaments latéraux ou du ménisque, nécessitant une intervention médicale. La tendinite de la patte d'oie du genou est également très courante chez les enseignants de Yoga.
Lorsque Vajrasana (diamant) est pratiqué de manière non adaptée, les pieds sont parfois positionnés non pas dans le prolongement naturel des tibias (tibia, cheville et pied alignés), mais avec les pieds tournés vers l'intérieur ou l'extérieur et le pratiquant assis directement sur les talons ou les arches.
Cette pression latérale ou torsionnelle répétée sur les os du tarse et les ligaments de la cheville peut engendrer une perte d'alignement chronique de la cheville et, à terme, des douleurs ou une instabilité. La répétition du mouvement de pied en dorsiflexion (pied flex, orteils tirés vers le corps) dans des postures comme les flexions assises (Paschimottanasana ou Janu Sirsasana) est dommageable de nos jours, elle doit absolument être remplacée par le mouvement d'éversion du pied.
Forcer l'étirement en tirant excessivement sur le pied, peut entraîner une inversion de l'articulation métatarso-phalangienne (MTP) . Le mouvement devient une contrainte ligamentaire plutôt qu'un engagement musculaire contrôlé, créant une déformation des orteils, orteils en marteau. Le placement en pied flex sera facteur aggravant des genoux en recurvatum...
Il y a aussi une hypothèse : le placement postural favorisant le bassin en avant, surtout dans les postures debout peut entraîner une surcharge de l'avant-pied et un mauvais déroulé du pas. Cette surcharge et l'instabilité induite par l'ensemble de la chaîne cinétique du corps peuvent ainsi exacerber la déformation de l'Hallux Valgus (la déviation du gros orteil).
Dans toutes les postures, la pratique adaptée exige un alignement du pied et de la cheville, l'utilisation d'accessoires (couverture sous les chevilles dans Vajrasana) pour soulager la pression, et la priorisation de l'engagement musculaire sur l'étirement passif.
Les adducteurs : la tension Forcée de l'intérieur de la cuisse :
Dans les postures d'ouverture de hanche (comme Upavistha Konasana, grand écart facial, Supta Baddha Konasana, cordonnier allongé, ou Virabhadrasana 2, guerrier 2 mal aligné), le pratiquant zélé cherche à amener les genoux plus loin que ce que la structure des hanches permet. Forcer l'étirement de l'intérieur de la cuisse (les adducteurs) avec des aides externes ou une pression excessive et répétée. Les adducteurs sont des muscles puissants et courts ; les étirer au-delà de leur limite naturelle, sans préparation adéquate ou avec une force brutale, ne mène pas à une souplesse saine. Cela peut provoquer une tendinite à l'insertion des adducteurs au niveau de l'aine, une inflammation chronique, voire une déchirure musculaire ou une élongation du ligament si la hanche est mal stabilisée. La pratique adaptée doit privilégier la préparation progressive des hanches sur le long terme et des adducteurs, en utilisant les accessoires nécessaires (briques et cales) pour soutenir et éviter l'étirement excessif. Dans cette préparation progressive, la pratique du papillon est absolument à bannir car elle est source de micro-déchirures surtout si pratiquée assise directement au sol en rétroversion du bassin. Le maintien de l'antéversion du bassin est encore une fois fondamentale.
Os et fragilité osseuse :
L'étude pilote de Fishman et Saltonstall, "Yoga and Osteoporosis" (2009), a eu un impact majeur en montrant que le Yoga peut être bénéfique pour renforcer les os, à condition d'être rigoureusement adapté. L'étude a montré que la pratique de postures maintenues quotidiennement et correctement alignées, pouvait augmenter la densité osseuse dans la colonne vertébrale et les hanches, zones critiques touchées par l'ostéoporose.
Le yoga est bénéfique si et seulement si les postures sont adaptées pour fournir une contrainte de compression et de traction saine sur l'os. Le message le plus important de cette étude concerne les postures à éviter absolument en cas d'ostéoporose ou d'ostéopénie (faiblesse osseuse). Les flexions profondes (Paschimottanasana, Uttanasana non soutenues) et les torsions intenses avec effet de levier (Ardha Matsyendrasana) peuvent créer une compression en ciseau sur les vertèbres.
Chez les personnes atteintes, cela peut engendrer des fractures par compression vertébrale sans même qu'une chute ne soit nécessaire.
C'est l'exemple parfait d'une pratique non-adaptée qui crée une pathologie (la fracture) à partir d'une pathologie préexistante.
LES PATHOLOGIES CARDIOVASCULAIRES
Hypertension Artérielle, problèmes cardiaques :
Certaines techniques de respiration (Pranayama) mal comprises ou pratiquées avec trop d'intensité, comme Kapalabhati (Souffle de Feu) ou Bhastrika (Souffle du Soufflet) ainsi que les rétentions de souffle longues (Kumbhaka) peuvent exercer une pression sur les organes internes et le système cardiovasculaire. Les pratiquer de manière erronée, trop intense ou prolongée sans une supervision experte et en présence d'une faiblesse cardiaque. Nous rappelons que BKS Iyengar demandait de commencer le Pranayama en position allongée après plusieurs années de pratique posturale. Certains gestes fatiguent le cœur comme de tenir une posture les bras levés, par exemple dans Utkasana (la chaise). Renforcer la cyphose dorsale est également inapproprié et vient comprimer la zone cardiaque.
LES PROBLÈMES DIGESTIFS
Reflux gastro-œsophagien (RGO) ou laryngo-pharyngé (RLP)
caractérisés par la remontée du contenu acide liquide ou gazeux de l'estomac, peut être sévèrement aggravé par une pratique non-adaptée. Les postures qui inversent le corps (comme Adho Mukha Svanasana, le chien tête en bas, ou les inversions majeures) ou celles qui impliquent une forte pression abdominale lorsque mal réalisées (comme les flexions avant profondes ou les torsions serrées) augmentent la pression intra-abdominale. Pratiquer des inversions ou des flexions profondes mal réalisées en rétroversion du bassin, donc sans support, et en serrage de ventre et/ou immédiatement après avoir mangé est inapproprié. L'estomac plein, la pression exercée favorise mécaniquement le reflux d'acide par le sphincter œsophagien inférieur (SOI), qui peut déjà être affaibli. Les torsions et les postures compressives (par exemple, la posture de la pince Paschimottanasana effectuée sans la flexion de hanches correcte par contraction des quadriceps) peuvent presser l'estomac et aggraver le reflux. L'acidité remonte, provoquant les brûlures, la régurgitation et, à terme, pouvant causer des dommages aux muqueuses de sphère digestive et ORL.
Pour un pratiquant souffrant de ces problèmes, le yoga adapté implique d'éviter les inversions prolongées et les flexions ventrales profondes après les repas, et de privilégier les postures redressées par l'action des jambes et non pas par la contraction du dos et les torsions douces sans compression excessive de l'estomac. L'aggravation de la condition sera d'autant plus forte pour les pratiquants souffrant d'hernie hiatale. Les efforts de poussée non contrôlés et les pratiques qui augmentent la pression interne (respirations forcées ou rétentions volontaristes) peuvent aggraver une hernie hiatale, mais aussi une hernie inguinale ou ombilicale préexistante, surtout en présence d'une faiblesse de la paroi abdominale. Un travail doux sur le diaphragme et la prise de conscience posturale (pour maintenir la colonne vertébrale dans ses courbures physiologiques) peut réduire la pression abdominale et offrir un soutien au système digestif.
LES PATHOLOGIES SYSTÉMIQUES
Glaucome (certains types), décollement de rétine ou chirurgie oculaire récente :
Toute posture où la tête est sous le niveau du cœur (inversions) ou celles qui impliquent une pression abdominale intense (certains Bandhas) augmente la pression intraoculaire.
Participer à des pratiques incluant des inversions ou des efforts de poussée, pouvant aggraver certains types de glaucome ou compromettre la guérison après une chirurgie.
Seul un médecin Ophtalmologue pourra définir les contre-indications.
Grossesse :
La grossesse et le post-partum ne sont pas des pathologies mais des états physiologiques qui nécessitent un article dédié pour être traités avec la nuance qu'ils méritent.
Les torsions fermées, les postures allongées sur le ventre, l'hyper-sollicitation des abdominaux (risque de diastase).
Les femmes pratiquantes averties de Yoga sauront s'adapter d'elles-mêmes.
Problèmes de Thyroïde :
Les postures qui stimulent excessivement la zone du cou (flexions et extensions profondes, comme Sarvangasana, la chandelle ou Matsyasana, le poisson forcé pris du haut et non pas du bas) peuvent aggraver une hyperthyroïdie en stimulant la glande. Toute consigne indiquant de "relever le menton" est dangereuse ! Si le recul du menton n'ouvre pas l'orifice thoracique supérieur, il y a aggravation de l'hyper-extension cervicale.
En présence d'une pathologie systémique, le yoga n'est pas une pratique autonome. Le pratiquant doit obtenir les recommandations de son médecin traitant et impérativement informer son enseignant pour que des adaptations précises soient mises en place.
SOURCES SCIENTIFIQUES ET MÉDICALES (BIBLIOGRAPHE)
BLESSURES ET ÉVÉNEMENTS INDÉSIRABLES (Yoga-Related Injuries)
Ces articles quantifient le risque et décrivent les types de blessures les plus courants et graves.
Papadopoulos, K. et al. (2018). "Yoga-Related Injuries: A Scoping Review." Physical Therapy in Sport.
Intérêt : Une revue de la littérature qui vise à cartographier les types de blessures signalées dans la recherche (souvent le bas du dos, les épaules et le cou) et à identifier les facteurs de risque.
Büssing, A. et al. (2012). "Adverse events of yoga and their determinants: Results from a randomized controlled trial." Clinical Journal of Pain.
Intérêt : Étude clinique qui rapporte les événements indésirables (douleurs musculo-squelettiques) rencontrés lors d'une intervention de yoga structurée, offrant des données quantifiables sur la fréquence des maux.
Broad, William J. (2012). "How Yoga Can Wreck Your Body." The New York Times Magazine.
Intérêt : Bien que ce soit un article de presse, il a été très largement médiatisé et fait référence à des cas médicaux documentés et aux mises en garde d'experts (neurologues et orthopédistes) sur les risques des inversions cervicales et de l'hyperextension.
Fishman, L. M., & Saltonstall, E. (2009). "Yoga and Osteoporosis: A Pilot Study." Topics in Geriatric Rehabilitation.
Intérêt : Bien que non directement sur les blessures, cette étude met en évidence la nécessité d'adapter certaines postures (flexions avant profondes, torsions) pour éviter les fractures vertébrales par compression chez les patients ostéoporotiques.
Penman, S., Cohen, M., & de Vlugt, A. (2012). "Yoga in Australia: results of a national survey." International Journal of Yoga.
Intérêt : Bien que centrée sur la prévalence, cette étude met souvent en évidence le rôle de l'effort excessif de l'étudiant et la formation inadéquate des professeurs comme facteurs contribuant aux blessures.
Wieland, L. S., et al. (2017). "Yoga treatment for chronic non-specific low back pain: A meta-analysis." Cochrane Database of Systematic Reviews.
Intérêt : Même si la conclusion est positive sur les bienfaits du yoga pour le mal de dos, les revues Cochrane sont essentielles pour la crédibilité. Elles indiquent implicitement que le yoga n'est bénéfique que s'il est pratiqué correctement et de manière adaptée, soulignant l'importance de l'alignement pour éviter l'aggravation de la douleur lombaire.
STYLES SPÉCIFIQUES DE YOGA
Cramer, H., et al. (2019). "Acute and chronic yoga-related injuries: a prospective observational study." Deutsches Ärzteblatt International. (L'étude allemande mentionnée dans les résultats de recherche).
Intérêt : Cette étude trouve en moyenne un faible taux de blessures (0.6 blessures pour 1000 heures), mais constate que les styles vigoureux et les styles mettant fortement l'accent sur l'alignement et la perfection poussé à l'excès peuvent présenter un risque accru de blessures aiguës.
RISQUES SPÉCIFIQUES (RACHIS, NERFS ET YEUX)
Wieland, L. S. et al. (2017). "Yoga Treatment for Chronic Non-specific Low Back Pain: A Meta-analysis." Cochrane Database of Systematic Reviews.
Intérêt : Bien qu'elle conclue généralement aux bienfaits du yoga pour les douleurs lombaires, elle souligne implicitement la nécessité d'une pratique adaptée pour éviter d'aggraver la douleur, notamment en évitant les postures stressantes pour le disque.
Sherman, K. J. et al. (2011). "The effectiveness of yoga for chronic low back pain: an updated systematic review and meta-analysis." Spine.
Intérêt : Confirme les bénéfices, mais les auteurs insistent souvent, dans leurs discussions, sur la nécessité d'une approche individualisée et des contre-indications pour les patients atteints de hernie discale aiguë.
Hackett, E. J., & Rigney, T. J. (2018). "Cervical Spinal Manipulation and the Risks of Vertebral Artery Dissection." Clinical Anatomy.
Intérêt : Bien que non directement sur le yoga, cet article est pertinent pour illustrer la fragilité de la zone cervicale. Il met en lumière les risques liés à l'hyperextension et à la rotation forcée du cou, pouvant potentiellement être transposés à des ajustements trop intenses ou à des inversions cervicales non sûres.
Glaucome et Inversions : Bien que les études spécifiques au yoga soient rares, la communauté médicale semblerait unanime : toute activité augmentant la Pression Intraoculaire (PIO) est contre-indiquée en cas de glaucome non contrôlé. Les inversions majeures sont en première ligne. À vérifier cependant au cas par cas auprès de son médecin.
Référence générale : Le consensus clinique dans les revues d'ophtalmologie mentionne les positions où la tête est sous le cœur comme facteurs d'augmentation temporaire de la PIO.
ANATOMIE CLINIQUE ET ADAPTATION :
Solomon, S. E. et al. (2020). "Yoga in the Context of Pain and Trauma: A Narrative Review." Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy.
Intérêt : Aborde la manière dont le yoga doit être adapté pour les populations souffrant de douleur chronique ou ayant des antécédents de trauma, soulignant l'importance de l'écoute et de la non-violence.
Long, Ray (Dr.).
Titre : The Key Muscles of Yoga / Key Poses of Yoga (séries).
Intérêt : Un excellent pont entre la médecine sportive et le yoga. Bien que très visuel, il fournit une analyse biomécanique très précise de chaque posture (forces de compression, engagement musculaire), permettant d'identifier exactement où se situe l'erreur dans une pratique non-adaptée.
LA SOLUTION EST DANS L'ART D'ADAPTER LA PRATIQUE, DANS LA YOGATHÉRAPIE
LE DIALOGUE CORPS-ESPRIT ET ENSEIGNANT-PRATIQUANT
L'écoute fine du ressenti :
Différencier l'inconfort de l'étirement (sensation "chaude") de la douleur articulaire/aiguë (sensation "froide" ou piquante). Faire la différence entre un étirement et une contraction musculaire.
La communication avec l'enseignant :
La nécessité au pratiquant d'informer des antécédents médicaux (AVC, prothèses, blessures).
Le Rôle des Accessoires :
Comment utiliser briques, sangles, bolster, chaise de Yoga, couvertures, balles, etc, pour modifier (et non faciliter) la posture et la rendre adaptée.

LES PRINCIPES DE L'ADAPTATION POSTURALE
La priorité est aux fondations avant l'amplitude :
Une maison solide ne se construit pas sans fondations profondes ; il en va de même pour une posture de yoga. L'erreur d'une pratique non-adaptée est de chercher une esthétique ou une sensation au lieu de l'alignement avant d'avoir établi la stabilité.
La priorité à la fondation est un geste de protection. C'est seulement lorsque la base est stable et que les muscles profonds sont actifs que l'on peut chercher à travailler l'alignement précis du haut du corps et l'amplitude, transformant ainsi l'asana en un soutien pour le corps plutôt qu'une contrainte.
C'est l'essence même d'une pratique de yoga intelligente et sûre. Dans l'optique de contrer une pratique non-adaptée, le principe de priorité à la fondation est le plus important à enseigner.
Remplacer plutôt qu'omettre :
Proposer des variations de remplacement pour les postures contre-indiquées (Viparita Karani au lieu de Sirsasana pour l'hypertension).
Être en capacité de pouvoir proposer un placement physiologique qui sera thérapeutique plutôt que de ne pas agir.
La progressivité :
C'est l'approche intelligente qui permet au corps de s'adapter, de se renforcer et de s'ouvrir sans subir de traumatisme. C'est l'antidote direct à la pratique non-adaptée qui cherche l'immédiateté et la performance. Construire la posture pas à pas (commencer par les variations les plus douces, pratiquer des exercices préparatoires). La pratique erronée cherche à sauter les étapes. Pourtant, le corps humain a besoin de temps pour s'adapter à de nouvelles contraintes. Le tissu conjonctif (fascias, ligaments et tendons) met beaucoup plus de temps à s'allonger et à se renforcer que le tissu musculaire. Forcer la posture sans conditionnement préalable provoque des micro-déchirures ou des lésions ligamentaires. La progressivité exige de commencer par la variation la plus douce d'une posture. Par exemple, avant de tenter Padmasana, le lotus, il faut maîtriser l'assise jambes croisées, puis le demi-lotus et d'autres ouvertures de hanche préparatoires. Avant une inversion majeure, il faut avoir développé la compréhension de l'aplomb debout en Tadasana.
La pratique adaptée reconnaît que la progression n'est pas linéaire. Il y aura des jours de stagnation ou de régression (moins d'énergie). La progression saine est celle qui s'adapte à l'état du jour et qui privilégie la constance dans l'effort juste plutôt que l'exploit sporadique.
La progressivité est le fondement de la Yogathérapie. Elle permet de construire un corps fort et souple sur des bases solides, garantissant que chaque nouveau pas dans la posture soit un pas vers l'amélioration, et non un risque de blessure.
Maîtriser cet art de la substitution, de la progressivité et de la modification n'est pas inné ; cela requiert une formation spécifique. Savoir proposer une alternative sécurisée, basée sur une évaluation précise de la condition de l'élève, est le cœur de la Yogathérapie. C'est précisément l'expertise que nous transmettons dans nos formations. Si vous êtes professeur et souhaitez approfondir votre capacité à adapter chaque séance à la santé unique de vos élèves, nous, Serge et Cath, vous invitons à découvrir notre programme pour transformer votre enseignement en une pratique véritablement thérapeutique et sûre.

CONCLUSION : PRATIQUER EN CONSCIENCE,
VISER LA LONGÉVITÉ ET FORMEZ-VOUS AVEC NOUS
Nous l'avons vu : le yoga est un outil extraordinaire pour la santé physique et mentale, mais il n'est pas magique. Lorsque l'ego prend le pas sur l'écoute, lorsque la performance écrase l'alignement, ou lorsque l'ignorance de nos fragilités remplace l'adaptation, la pratique de yoga non-adaptée peut effectivement nuire.
L'objectif de cet article n'était pas de vous décourager, mais de vous donner les clés pour devenir votre propre gardien sur le tapis. Ce n'est pas le yoga en soi qui blesse, mais la manière dont nous choisissons de le pratiquer.
LE VÉRITABLE ENSEIGNEMENT :
Souvenez-vous de ces principes fondamentaux pour une pratique saine et durable :
Priorité à Ahimsa :
La non-violence commence par l'humilité. Savoir reculer d'une posture difficile est un signe de force intérieure, pas de faiblesse. La douleur articulaire est un signal d'alerte, pas un objectif à atteindre.
L'alignement est la sécurité :
L'accent doit toujours être mis sur la longueur de la colonne vertébrale et la congruence articulaire avant la profondeur. Une exécution technique précise protège vos disques et vos ligaments.
L'adaptation est la règle :
Face à une condition préexistante (hypertension, ostéoporose, fragilité lombaire) ou à une fatigue passagère, l'usage intelligent d'accessoires et le choix de variations douces sont les preuves d'une pratique avancée et respectueuse.
Vers une pratique thérapeutique
Pour les pratiquants, cultiver cette conscience fine et le respect des limites de votre structure vous assure de faire du yoga un partenaire de santé pour toute une vie.
Pour les enseignants, il est crucial de maîtriser l'art de l'adaptation. Savoir proposer une alternative sûre, basée sur une évaluation précise de la condition de l'élève, est le cœur de la Yogathérapie. Nous, Serge et Cath, formateurs en Yogathérapie, avons pour mission de vous doter de cette compétence d'adaptation clinique. Si vous souhaitez approfondir votre capacité à adapter chaque séance à la santé unique de vos élèves pour une pratique véritablement thérapeutique et sécuritaire, nous vous invitons à découvrir nos programmes nos bilans posturaux Yoga en individuel ou en formation ainsi que nos stages de Yogathérapie.
La plus belle posture n'est pas celle qui est la plus spectaculaire, mais celle qui est juste, stable et appropriée pour votre corps, aujourd'hui.
En cultivant cette conscience fine et en respectant les limites de votre structure, vous vous assurez non seulement de vous prémunir contre les blessures, mais surtout de faire du yoga un partenaire pour toute une vie de découvertes.
Merci ! Cath et Serge




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